Grèves : la tension sociale monte d’un cran en Allemagne

samedi 8 mars 2008
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La menace de grèves dures est encore montée d’un cran vendredi en Allemagne, déjà touchée cette semaine par des perturbations dans les transports publics, les hôpitaux, les crèches et les aéroports.


Les conducteurs de train ont décidé de lancer une grève illimitée à partir de lundi dans tout le pays, et les négociations sont rompues entre les administrations et 1,3 million de fonctionnaires qui menacent à leur tour de cesser le travail.

Le puissant syndicat des services Verdi, qui réclame des augmentations de salaires pour les fonctionnaires de l’Etat et des communes, a annoncé l’échec des négociations entamées avec les représentants du gouvernement, dans un contexte de grogne sociale grandissante et de percée électorale de l’extrême gauche.

Dans un premier temps, les usagers, éprouvés cette semaine par trois jours de "grève d’avertissement" très suivie dans les transports urbains, les hôpitaux, les aéroports, les jardins d’enfants, les administrations ou encore les services de ramassage des ordures, vont pouvoir souffler un peu.

La grève est en effet exclue dans les jours à venir, dans l’attente des conclusions d’une commission de conciliation qui devra faire des propositions de compromis aux deux parties.

Cependant, si cette étape échoue, Verdi devrait passer à la vitesse supérieure et appeler ses adhérents à se prononcer, fin mars ou début avril, sur le principe d’une grève massive et illimitée, un décision peu fréquente dans un pays longtemps considéré comme un modèle du consensus social.

Verdi réclame 8% de plus sur la fiche de paie, avec un minimum de 200 euros d’augmentation par mois, mais le camp des employeurs propose pour le moment 4%, qu’il veut assortir d’une augmentation du temps de travail.

Le président du syndicat, Frank Bsirske, a expliqué lors d’une conférence de presse que le dialogue avait justement été rompu parce que les représentants des employeurs voulaient faire de cette augmentation du temps de travail un préalable aux négociations. "C’est inacceptable", a-t-il commenté.

La situation est encore plus bloquée dans les transports publics de Berlin, paralysés depuis mercredi par une grève largement suivie, également à l’appel de Verdi. Dans ce conflit, distinct de celui mené au niveau national dans les services publics, le syndicat réclame 12% d’augmentation pour le personnel.

"Il est temps de revenir à la raison", a déclaré vendredi le maire social-démocrate de la capitale, Klaus Wowereit, en appelant les grévistes à reprendre le travail. Des hausses de salaires telles que celles réclamées par Verdi conduiraient à devoir augmenter le prix du ticket et de l’abonnement, si bien que les usagers seraient "punis deux fois" par le mouvement social, a-t-il fait valoir.

Pour l’heure, les Berlinois peuvent encore effectuer quelques déplacements grâce aux trains régionaux circulant en ville, qui dépendent de la compagnie de chemins de fer Deutsche Bahn (DB). Or, celle-ci est à son tour sous le coup d’une menace de grève illimitée, au niveau national, à partir de lundi.

Le mouvement a été lancé à l’appel du syndicat des conducteurs de train GDL, qui l’an dernier s’était déjà opposé pendant plusieurs mois à la direction : plusieurs grèves avaient semé la pagaille dans tout le pays.

Fin janvier, les deux camps s’étaient mis d’accord sur une augmentation de salaire de 11%, mais GDL reproche toujours à Deutsche Bahn de ne pas vouloir lui accorder ce qu’il réclame : un statut spécial pour les conducteurs au sein de l’entreprise, indépendant des autres syndicats.

Pour limiter les dégâts, la direction de la société a présenté vendredi un plan de secours qui doit permettre de faire circuler un train sur deux sur les grandes lignes et faire face à la grève, qualifiée de "difficilement compréhensible" par le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.


BERLIN (AFP) - 07/03/08 17:16


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