Grève et manifestations le 18 mars 2008 (FSU, CGT, FO, SUD)

vendredi 29 février 2008
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Grève et manifestations le 18 mars 2008 (FSU, CGT, FO, SUD)

Une intersyndicale du second degré (FSU, CGT, FO et Sud) a lancé mardi un mot d’ordre de grève pour le mardi 18 mars afin de protester contre le rapport Pochard sur la condition enseignante, les restrictions budgétaires et la réforme de l’Enseignement professionnel.

Les organisations, dont le Snes-FSU, majoritaire en collège-lycée, ont appelé dans un communiqué, "à participer massivement à la journée de grève et de manifestations du 18 mars et à se réunir pour débattre des suites afin de porter les revendications pour l’emploi public dans l’Education".

Cette date a été choisie après deux réunions avec l’ensemble de l’intersyndiale de l’Education, sauf le Sgen-CFDT, 2e dans les collèges et lycées, et qui n’est pas opposé à la totalité du rapport Pochard sur la revalorisation du métier d’enseignant.

Le 3e syndicat, le Snalc-CSEN, classé à droite, a décidé à l’issue de ces réunions de ne pas participer, jugeant la plate-forme de revendications "hétéroclite" et estimant qu’elle "risque de noyer les revendications fondamentales des professeurs et d’inciter à une récupération politique de leur mouvement".

Ce syndicat n’a toutefois pas exclu "de s’associer à l’intersyndicale pour ses actions ultérieures", s’il "n’obtient pas satisfaction" sur "l’abandon du rapport Pochard", "la diversification des parcours dès le collège" et "une réforme des programmes".

Le SE-Unsa, minoritaire, ne figure pas non plus sur la liste des organisations appelant à la grève.

De son côté l’intersyndicale a regretté que "le ministre de l’Education n’a pris aucune distance vis à vis du rapport Pochard, porteur de dangers pour les les statuts et les missions des enseignants".

Elle a également protesté contre "l’insuffisance du budget 2008", qui conduit à "des suppressions massives de postes et de moyens pour la prochaine rentrée" qui, selon elle "met en péril l’organisation des enseignements", "dégrade les conditions de travail des personnels et des élèves" et "porte atteinte à la qualité du service public d’enseignement".

Les organisations ont enfin "rappelé leur attachement aux trois voies distinctes de formation, générale, technologique, et professionnelle et leur refus de la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans".

Principal syndicat de l’Enseignement professionnel, le Snetaa-EIL n’a pas participé à cet appel à la grève.

Source : Dépêches de l’Education du Mardi 26 février 2008.


Commentaires  forum ferme

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vendredi 14 mars 2008 à 21h07 - par  mélya12

Bonjour,
C’est la première fois que je viens sur ce site. Je suis prof titulaire en Normandie depuis 10 ans. Je n’ai fait que rarement grève mais alors là ! C ’est trop fort ! Je n’ai entendu parler de rien pour mardi prochain dans mes établissements. Y t-il un appel à la grève pour le 18 mars ? J ’espère que oui ....
merci pour votre réponse

Logo de Jak
mardi 4 mars 2008 à 16h45 - par  Jak

Salut à vous,

Je suppose bien comprendre le sens de votre apostrophe "sauvons la grève" adressée aux organisations syndicales.

Mais je suppose également que ce sens ne puisse être tout aussi clair aux yeux de nombre de nos camarades salariés et ouvriers des secteurs privés et publics.

Je me questionne encore sur les productions potentielles de votre démarche, même si je suis convaincu de ce qui la guide ; quel risque de servir ici de point d’appui supplémentaire à ceux défendant de "nouveaux" modes d’action, répandant plus avant si c’était nécessaire l’inutilité ou le caractère dépassé ou nostalgique de la grève ?

Votre adresse indifférenciée aux différentes organisations syndicales contribue par ailleurs à la poursuite des amalgames inexacts, qui ne peuvent qu’engendrer au pire, entretenir au mieux les réactions du style "tous pourris" : je tiens à vous rappeler à ce titre qu’une grande partie des organisations syndicales sont structurées (comme les entreprises !..) suivant un schéma hiérarchique pyramidal, avec un grand manitou et des "petits chefs" ; il n’en est pourtant pas de même pour toutes, en particulier celle dont je fais partie.
Votre apostrophe s’adresse ainsi à mes yeux pour certaines organisations aux "dirigeants", pour d’autres .... à chacun de nous, à vous-même !

Sur la méthode maintenant, je serai encore critique : il faut bien sûr se questionner, encore et encore sur les moyens d’agir, sur les stratégies à employer ....

Que penseriez-vous d’un groupe qui espèrerait lui produire une intéressante réflexion en lançant une nouvelle apostrophe : "Sauvons la pétition" ?...

Il faudrait probablement apprendre pour beaucoup, rappeler pour certains l’histoire sociale : la grève des salariés et des travailleurs ne peut produire que dans une perspective de blocage, ou de risque de blocage économique, il n’en a jamais été autrement.

Les inventeurs de nouvelles solutions dans lesquelles les salariés et travailleurs espèreraient avoir du poids sans perdre jamais un euro de leur salaire se reproduisent, à chaque échéance, comme un aveu d’impuissance.

Les exemples très récents ne manquent pourtant pas : les scénaristes états-uniens viennent de gagner devant les majors du cinéma, après 3 mois de grève, après avoir infligé de pertes considérables à l’industrie télé-visuelle américaine, ils n’avaient pourtant pas l’opinion avec eux.
Les cheminots allemands viennent eux aussi de l’emporter après un conflit de 9 mois, ils ont obtenu 10 % d’augmentation de salaire.
Les fonctionnaires allemands sont en grève aujourd’hui et devraient l’être encore demain, plus nombreux : ils demandent eux aussi 10 % d’augmentation de salaire sur 2 ans, l’état en a déjà laché 5 %, ils ont refusé cette proposition intermédiaire et poursuivent le mouvement.

Les salariés et travailleurs qui gagnent me paraissent toujours gagner pour les mêmes raisons ; de même, les perdants perdent pour les mêmes raisons que dans les défaites précédentes !

Alors, soyons un peu plus sûrs de nous-même, sûr de notre puissance ensemble, espérons aujourd’hui être assez nombreux à avoir conscience de ce que nous avons à perdre et à gagner ...

Logo de sauvons la greve
dimanche 2 mars 2008 à 22h14 - par  sauvons la greve

ENSEMBLE, SAUVONS LA GREVE

Deuxième adresse aux directions syndicales

M. et Mmes les secrétaires nationaux, généraux ou fédéraux de la CFDT, de la CFTC, de la CGT, de la CGC , de la FSU, de FO, de Solidaires et de l’UNSA.

Nous signataires de cette adresse, salariés du secteur public et du secteur privé, actifs, retraités privés d’emploi et précaires, non-syndiqués et syndiqués, avons été de toutes les grèves, de toutes les luttes sociales, depuis des décennies pour les plus âgés, nous avons fait encore la grève du 20 novembre 2007 et sommes bien d’accord avec vous pour constater que nous n’avons obtenu pour cela que l’ouverture de pseudo-négociations, c’est-à-dire RIEN. Vous nous avez ensuite proposé une autre grève de 24 heures, le 24 janvier 2008 “pour exiger l’ouverture de réelles négociations sur la valeur du point d’indice et la refonte globale des grilles indiciaires, afin de permettre le rattrapage des pertes du pouvoir d’achat.”

Nous vous avons écrit pour vous demander de préciser les revendications à cette grève ainsi que les moyens d’action que vous nous proposez si nous n’obtenons pas satisfaction. Vous ne nous avez fourni aucune réponse. Chacun d’entre-nous a alors fait son choix de se mettre en grève ou non ce jour là en connaissance de cause : les conditions d’une grève victorieuse n’étaient malheureusement pas encore réunies.

En effet, force est de constater qu’aucune grève de 24 heures n’a permis au mouvement social de progresser ces dernières années. La dernière grande victoire des salariés, certes battue en brèche ensuite, fut celle de 1995 si l’on excepte le recul sur le CPE pour lequel la jeunesse s’est mobilisée. Dans les deux cas, les victoires arrachées ne l’ont pas été par des actions de 24 heures. Pourtant vous persistez dans ce mode d’action qui de surcroît ne permet aucun contrôle des salariés sur les négociations que vous allez entreprendre.

Depuis au moins dix ans, les plateformes d’appel à la grève sont certes justes mais si générales qu’elles tendent à brouiller l’objectif des grèves, cela est encore le cas aujourd’hui. Cela permet, nous n’en doutons pas, de réaliser au sommet l’unité syndicale la plus large possible, condition du succès de la mobilisation. Néanmoins, à chaque fois, et nos gouvernements successifs le savent bien, dès l’ouverture des négociations, cette unité vole très vite en éclat ce qui conduit les grèves à l’échec et à des reculs sociaux. Nous voulons donc que l’unité syndicale soit préservée jusqu’à la victoire des salariés qui se mobilisent à la base dans l’unité, pour cela il faut que l’intersyndicale au sommet précise les objectifs unitaires d’une grève à laquelle elle nous appelle.

Si nous vous demandons des comptes, c’est parce que la situation sociale fait que l’on ne peut accepter davantage de reculs sociaux ; c’est parce qu’il y a urgence à redonner sens aux luttes et aux grèves. A force de faire semblant de faire grève, c’est-à-dire sans rien obtenir, on finit par discréditer celle-ci et donner raison à ceux qui n’y voient que le moyen “d’emmerder le monde”. Sans remonter jusqu’à la grève de 2003, le dernier des conflits des cheminots à l’automne 2007 a fini par nous décider de ne plus vous donner un chèque en blanc : s’il a fallu une Thatcher pour en finir avec la détermination des mineurs anglais, celle des cheminots français a elle été d’abord mise en pièce par les stratégies et arrangements syndicaux au sommet. Cela, nous, salariés, ne pouvons plus l’accepter.

Toutes ces raisons nous amènent aujourd’hui à vous déclarer que nous ferons grève parce que nous l’aurons décidé nous mêmes, à la base, sur nos revendications dans les assemblées générales des salariés. Et lorsque vous nous appelerez à l’action, nous serons extrêmement vigilants quant aux objectifs et aux moyens qui doivent être précisément et clairement énoncés. De plus, assurez-nous que pour chaque grève et de surcroît celles que vous allez impulser, que vous soutiendrez, relaierez et respecterez sans faillir les actions des salariés mobilisés. Nous ne voulons plus faire les frais de l’unité de façade des directions syndicales.

Enfin, nous allons nous adresser au gouvernement pour que les séances de négociation avec les “partenaires sociaux” soient filmées et diffusées sur une chaîne du service public comme le sont les débats parlementaires.

Il est grand temps de redonner espoir à tous, il est grand temps de réhabiliter le collectif et ceci passe, entre autres, par des grèves victorieuses.

Nous appellons l’ensemble des salariés du secteur public et du privé, actifs et retraités, privés d’emploi et précaires ainsi que les sections syndicales, unions départementales… à signer cette adresse aux directions syndicales.

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