ENSEMBLE, SAUVONS LA GREVE !

mercredi 23 janvier 2008
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Adresse aux directions syndicales

M. et Mmes les secrétaires nationaux ou fédéraux de la CGT, de FO, de la FSU, de l’UNSA, de la CFTC et de Solidaires.

Copie à MM. les secrétaires généraux de la CFDT et de la CGC.

Dans votre communiqué du 18 décembre 2007, vous nous appelez “ à l’action le 24 janvier 2008 par la grève et les manifestations pour exiger l’ouverture de réelles négociations sur la valeur du point d’indice et la refonte globale des grilles indiciaires, afin de permettre le rattrapage des pertes du pouvoir d’achat.” Nous signataires de cette adresse, fonctionnaires, non-syndiqués et syndiqués, avons été de toutes les grèves, de toutes les luttes sociales, depuis des décennies pour les plus âgés, nous avons fait la dernière grève du 20 novembre et sommes bien d’accord avec vous pour constater que nous n’avons obtenu pour cela que l’ouverture de pseudo-négociations, c’est-à-dire RIEN.

Force est de constater qu’aucune grève de 24 heures n’a permis au mouvement social de progresser ces dernières années. La dernière grande victoire des salariés, certes mise en brèche ensuite, fut celle de 1995 si l’on excepte le recul sur le CPE pour lequel la jeunesse s’est mobilisée. Dans les deux cas, les victoires arrachées ne l’ont pas été par des actions de 24 heures.

Pourtant vous persistez dans ce mode d’action qui de surcroît ne permet aucun contrôle des salariés sur les négociations que vous allez éventuellement entreprendre. Si nous vous demandons des comptes, c’est parce que la situation sociale fait que l’on ne peut accepter davantage de reculs sociaux ; c’est parce qu’il y a urgence à redonner sens aux luttes et aux grèves.

A force de faire semblant de faire grève, c’est-à-dire sans rien obtenir, on finit par discréditer celle-ci et donner raison à ceux qui n’y voient que le moyen “d’emmerder le monde”.

Sans remonter jusqu’à la grève de 2003, le dernier des conflits des cheminots a fini par nous décider de ne plus vous donner un chèque en blanc : s’il a fallu une Thatcher pour en finir avec la détermination des mineurs anglais, celle des cheminots français a elle été d’abord mise en pièce par les divisions syndicales au sommet. Cela, nous, salariés, ne pouvons plus l’accepter.

Toutes ces raisons nous amènent aujourd’hui à vous déclarer que nous ferons désormais grève soit parce que nous l’aurons décidé nous mêmes à la base sur nos revendications dans les assemblées générales des salariés soit parce que les objectifs et les moyens pour lesquels vous nous appelez à l’action sont précisément et clairement énoncés à l’avance.

Ces principes valent pour la grève pour laquelle vous avez décidé de nous appeler le 24 janvier. Nous nous mettrons en grève ce jour là dès lors que l’intersyndicale au niveau national se sera prononcée, dans l’unité, sur ces deux questions :

Que voulons nous obtenir concernant la valeur du point d’indice et la refonte globale des grilles indiciaires ? Quel est l’horizon que vous vous fixez pour estimer que nous aurons obtenu satisfaction ?

Quels sont les moyens d’action que vous nous proposez si nous n’obtenons pas satisfaction ?

A défaut de réponse, nous estimerons que les conditions d’une grève victorieuse ne sont pas malheureusement encore réunies et chacun d’entre nous fera alors son choix d’entrer ou non dans l’action, en connaissance de cause. Nous appellons l’ensemble des salariés du secteur public et du secteur privé ainsi que les sections syndicales, unions départementales... à signer cette adresse aux directions syndicales.

Signer la pétition : sauvons la grève :


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