OCCUPATION EN COURS DE L’UNEDIC

jeudi 26 avril 2007
popularité : 11%

Attention fragile : précaires, intermittents, chômeurs, non à la
précarisation

Nous, chômeurs, salariés précaires et intermittents, occupons depuis 19h
le siège de l’UNEDIC à Paris, au 82 rue de Reuilly, M°Montgallet afin
d’interpeller les responsables de la précarisation.

Nous ne sommes pas des variables d’ajustement

Depuis 30 ans, chômage de masse et discontinuité de l’emploi déterminent -
provisoirement ou dans la durée- les parcours de la quasi-totalité des
salariés (80% des embauches se font désormais en CDD). Cette alternance de
périodes de chômage, de formation et d’emploi s’accompagne d’une
fragilisation inacceptable de ceux qui la vivent. Ainsi, alors que l’on
glose sur une « sécurité sociale professionnelle » supposée venir remédier
à l’incertitude qui marque désormais la vie des salariés, l’un des
derniers dispositifs qui assurait une continuité de droits à des salariés
à l’emploi discontinu, le régime d’indemnisation chômage des
intermittents, est en butte depuis près de 4 ans à une entreprise de
destruction.

Les discours publics énoncés lors de la campagne électorale passent sous
silence ces questions sociales fondamentales - qu’on pense aux révoltes
d’octobre/novembre 2005 et au « mouvement anti-CPE » du printemps dernier
 !- ou y répondent par l’invocation vertueuse à « réhabiliter le travail ».
Derrière la « réhabilitation du travail », c’est encore la dégradation des
conditions vécues par les travailleurs qui se profile, comme avec le RMA,
« emploi aidé » pour lequel l’allocation RMI est directement versée à
l’employeur. Ces proclamations de bonnes intentions visent en fait à
stigmatiser davantage des millions de précaires et de salariés, « assistés
 » ou insuffisamment productifs. Elles préparent le terrain pour de
nouvelles et dramatiques régressions en matière de droits collectifs,
tandis que profits et inégalités explosent.

Caricature d’un dialogue social privatisé et technocratique, le
paritarisme qui régit l’assurance-chômage refuse d’accorder voix au
chapitre aux premiers concernés. Or cette institution doit des comptes aux
millions de salariés qui la financent, souvent sans ouvrir de droit à
indemnisation en cas de chômage (plus de la moitié de chômeurs ne sont pas
indemnisés). Sous prétexte de déficit, chacune de ses « réformes » a été
nuisible aux ayants droits, encourageant l’acceptation de n’importe quel
emploi dans n‘importe quelles conditions.

Déficit de quoi ? Déficit de démocratie

La Constitution de ce pays stipule que « la société doit à chacun de ses
membres des moyens convenables d’existence », force est de constater qu’il
n’en est rien : on va jusqu’à présenter les allocataires du RMI comme des
parasites voués à l’indignité, sans jamais indiquer, par exemple, qu’un
tiers de ces allocataires aux faibles salaires occasionnels sont en fait
des travailleurs pauvres. Sous couvert d’insertion, l’inflation d’une
rhétorique des devoirs et la prolifération des modalités de contrôles
accompagnent le reflux des droits sociaux.

Afin de déposséder plus encore les salariés, on leur dénie toute
compréhension de leur propre situation. L’appel constant aux « experts » a
pour fonction de légitimer des décisions d’autant plus « difficiles »
qu’elles s’attaquent au plus grand nombre (chômage, retraite, santé). On
fabrique donc l’ignorance et, tout comme le dénombrement des chômeurs fait
l’objet de manipulations (cf. la non-publication des statistiques INSEE),
l’Unedic tient mordicus à son fonctionnement parfaitement opaque (jusqu’à
interdire à des chercheurs indépendants l’accès à ses données, comme ce
fut le cas lors de l’enquête de la coordination des intermittents et
précaires).

Aggravant celui de juin 2003, un second protocole Unedic régissant les
annexes VIII et X de l’assurance-chômage qui développe aléas, inégalités
et exclusion à l’encontre des intermittents entre en application, nous
refusons que des droits capitalisés avantageant les plus employés et les
mieux payés mettent fin à toute mutualisation. Pour limiter l’insécurité
sociale due au chômage et à la discontinuité de l’emploi, il faut
instaurer une continuité de droits, chaque jour chômé doit être indemnisé.

Tout en radiant massivement des chômeurs, on ose nous promettre une énième
fois le « retour au plein emploi » ; nous voulons que soit publiquement
établie l’ampleur réelle du chômage et de l’emploi précaire. Une refonte
de l’indemnisation du chômage doit être débattue par les partenaires
sociaux. Un tel enjeu ne doit pas être confisqué mais faire l’objet d’un
réel débat public et contradictoire. L’Unedic doit autoriser l’accès aux
données qu’elle détient.

Nous appelons l’ensemble des concernés, salariés en poste, au chômage ou
en formation, à venir soutenir l’action en cours et à organiser, partout
où c’est possible, des actions collectives là où se décident notre sort.

Paris, le 24 avril 2007.

Pour suivre pas à pas l’occupation de l’unedic à Paris.

occupation

Vendredi 27-18h : Les occupants de l’Unedic ont été
délogés avec force et
virulence par les CRS. Après un contrôle d ?itentité, ils ont tous été
libérés.

L’UNEDIC a annoncé son intention de porter plainte contre les
occupants du toit

Nous appelons tous les précaires, intermittents, chômeurs et autres
"assistés" à rejoindre la lutte et à occuper les assedic partout où
ils se trouvent.

Seule la lutte collective aura raison de leurs privilèges.

  • arrêt immédiat des poursuites contre tous les manifestants
  • 1 jour chômé = 1 jour indemnisé
  • remise à plat du système d’assurance-chômage et ouverture de négociations avec l’ensemble des concernés

Il est mort le plein emploi

Maintenant, de nouveaux droits !


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