Les assistantes sociales en colère écrivent aux autorités !

vendredi 24 novembre 2006
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Depuis septembre 2003, 4 établissements scolaires (2 collèges, un lycée professionnel, un lycée d’enseignement général) ont ouvert sur le Vaucluse, 2 collèges ouvriront en septembre 2007.

Aucune assistante sociale scolaire n’a été recrutée pour y travailler.

Nous disposons actuellement de 23 postes d’assistantes sociales (équivalents temps plein) en intervention directe sur les 62 établissements du second degré du département et de la CDES (Commission Départementale de l’Education Spéciale).

Nous ne sommes pas assez nombreuses pour assurer nos missions dans de telles conditions. En effet, ces ouvertures d’établissements nous obligent à assurer des permanences et des suivis sur trois collèges et (ou) lycées.

Le département de Vaucluse est principalement rural (éloignement géographique des établissements entre eux).

Dans les quelques centres urbains (Carpentras, Bollène, Cavaillon, Avignon), les situations sociales sont telles que cinq collèges ont été classés « Ambition Réussite ». Ces établissements nécessitent la présence d’une assistante sociale à temps plein, or ils ne bénéficient actuellement qu’à peine (et dans le meilleur des cas) d’une présence à 50%.

A ce jour, trois collègues du service sont absentes pour de longues durées et le remplacement n’est pas assuré.

Le poste de la CDES est mis à la disposition du Conseil Général (Maison Départementale des Personnes Handicapées depuis l’application de la loi de février 2005)

Trois contractuelles dont une à mi-temps (soit 150%) compensent les 333% de temps libéré par les temps partiels.

Pourtant, l’utilité de notre service n’est pas à prouver.

Au cours de l’année scolaire 2005/2006, selon les statistiques établies par notre service, 17,55% des collégiens et lycéens de Vaucluse ont bénéficié de l’intervention de l’une d’entre nous. Nous avons signalé plus d’un enfant sur cent au Parquet ou au Conseil Général comme enfant en danger.

Nous sommes le seul service en accès direct pour les adolescents et exerçons une mission de protection de l’enfance indispensable, en lien avec le Parquet, le Conseil Général, l’Aide Sociale à l’Enfance ou les services d’aide psychologique.

La mission de prévention du service social en faveur des élèves doit être préservée.

Par ailleurs, à la mission prioritaire de lutte contre l’absentéisme, s’ajoutent des missions fondamentales prévues dans les textes par notre administration :

  • La prévention des violences scolaires.
  • l’intégration scolaire des enfants handicapés.
  • L’accueil des élèves nouvellement arrivés en France
  • les projets de réussite éducative.
  • les projets d’actions collectives : conduites addictives, éducation à la sexualité, gestion des conflits de classe....

Les équipes pluridisciplinaires nous sollicitent de plus en plus souvent pour des demandes de conseil technique et de soutien.

La réalisation de ces missions est gravement mise en péril par la politique gouvernementale actuelle.

Le travail de suivi et de soutien auprès des élèves est remis en cause quotidiennement. Les assistantes sociales sont de moins en moins disponibles pour le travail de prévention et leur travail est réduit au strict minimum : le traitement des situations d’urgence.

En conséquence, nous exigeons :

  • Des créations de postes et l’ouverture de concours bloquée dans l’académie d’Aix Marseille depuis 4 ans.
  • Le remboursement régulier des frais de déplacement impayés pour l’heure depuis avril 2006.
  • Un métier revalorisé : des conditions de rémunération réévaluées et convenables, le passage pour toutes en catégorie A et une augmentation des primes.

(Copie d’une lettre envoyée au ministre, recteur et inspecteur d’académie)


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