Travail plus pour coûter moins ?

Carton rouge pour le ministère
jeudi 27 juin 2019
par  krizzo
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Alors que nous constatons toutes et tous que nos conditions de travail s’aggravent, que nous ne pouvons plus encadrer et suivre les élèves de manière satisfaisante ;
ce qu’on veut nous imposer, c’est de travailler encore davantage !
L’institution ne veut pas mettre les moyens à la hauteur des enjeux ?
A nous de fixer la défense !

1re action : feinte de corps pour 2 HSA

Le 11 avril, à coups de décret (n° 2019-309 du 11 avril 2019) et à coups de bâtons rompus, le MEN entérine l’obligation d’accepter une deuxième HSA. C’est sa prétendue réponse aux demandes d’augmentation de salaire. Pour nous, cela n’est en aucun cas une augmentation de salaire et ça sert surtout à compenser les 2000 suppressions de postes. Or, ce dont nous avons besoin dans nos établissements scolaires, c’est de plus d’adultes pour mieux encadrer les élèves, premières victimes d’une société de plus en plus brutale, de plus en plus inégalitaire ; c’est d’alléger les effectifs dans les classes pour mieux suivre les élèves et diminuer notre temps devant élève afin de libérer du temps pour du travail en équipe, plus à même d’apporter une réponse à la hauteur des enjeux de notre société !

2e action : petit pont sur la formation

Le 12 juin, lors du Comité Technique Ministériel, c’est l’annonce d’un projet de décret pour imposer la formation obligatoire sur le temps de vacances : c’est une pure réquisition à hauteur de 5 jours par an, pendant les périodes de vacances scolaires ; en réalité, il s’agit d’éviter les absences de professeurs sur le temps de classe puisque l’EN refuse d’accorder des moyens pour remplacer les enseignant-es absent-es. C’est une augmentation du temps de travail à rebours de tout ce qu’il faudrait faire pour améliorer les conditions de travail et donc les conditions d’enseignement pour les élèves.

3e action : tacle final sur l’annualisation

Le 26 juin, repoussé lors de l’examen de la Loi Blanquer, l’amendement concernant l’annualisation du temps de travail des enseignant-es a été adopté au Sénat ; ou comment revenir sur le terrain quand on vient d’être expulsé ! En réalité, la loi Blanquer permet d’expérimenter l’annualisation : c’est une attaque rapide pour mieux enfoncer la ligne de défense de nos statuts. Mais concrètement, quelles en sont les conséquences ? Toutes les heures non réalisées devant élèves seront décomptées : lorsque les élèves sont en sortie, au mois de juin, lors des formations, des convocations... et lors des jours fériés ! Et seront rattrapées au cours de l’année : autant dire qu’il n’y aura même plus besoin de payer les heures supp, nous les devrons à l’administration !

Alors que nous constatons toutes et tous que nos conditions de travail s’aggravent, que nous ne pouvons plus encadrer et suivre les élèves de manière satisfaisante ; ce qu’on veut nous imposer, c’est de travailler encore davantage !
L’institution ne veut pas mettre les moyens à la hauteur des enjeux ?
A nous de fixer la défense !


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Tract temps de travail 27/06/19
Tract temps de travail 27/06/19

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