La situation des services sociaux se dégrade de plus en plus

Par les assistantes sociales de notre académie syndiquées à SUD éducation
mercredi 1er avril 2015
par  Pierre L
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Les assistantes sociales seront en grève le 2 avril.

Dans leur « Journal d’information des assistantes sociales de l’académie d’Aix-Marseille » les assistantes sociales syndiquées à SUD éducation écrivaient en novembre 2014 :

Les Assistant-e-s de Service Social toujours aussi mal loti-e-s

A SUD éducation, notre conception des ASS est celle d’un service social spécialisé attaché à son rôle éducatif auprès des élèves, des étudiant-e-s et des personnels, au sein des équipes d’établissement et de service.
Ces missions sont de plus en plus difficiles à assumer correctement.

Dans un contexte général de crise sociale et de développement accru du chômage, les difficultés connues de nombreux élèves et étudiant-e-s, la stigmatisation des familles et des jeunes en difficultés depuis les lois de prévention de la délinquance et la situation difficile de beaucoup d’établissements, ainsi que l’accroissement de la souffrance au travail pour les personnels qui en résulte, justifieraient le développement d’un service social important.
Or c’est tout le travail social qui est mis à mal depuis des années, et la politique actuelle ne tend pas à inverser la tendance.

Cela commence par le manque de postes, qui accroît la charge de travail, oblige à multiplier les déplacements et réduit le temps de présence dans les établissements, au détriment des élèves et des étudiant-e-s.
Pire, lorsque de nouveaux établissements sont créés, sans entraîner la création de postes d’ASS correspondant, c’est tout le service social qui se dégrade encore et des élèves que l’on met en danger.

Sud éducation revendique des moyens en personnels à la hauteur d’un service véritablement social : présence d’un-e ASS dans tous les établissements.
On en est loin : ce sont beaucoup plus que les 50 postes concédés à cette rentrée (soit en moyenne moins d’un demi-poste par département) qu’il faudrait créer.

Des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader.

Dans notre académie, les conditions matérielles de base n’existent toujours pas dans tous les services : pas d’ordinateur performant, pas d’imprimante, matériel de bureau vétuste, photocopies …
Le remboursement des indemnités de déplacements reste un problème récurrent.
La formation PAF et la documentation sont à la portion congrue.
Ainsi, des ASS doivent également désormais gérer les cas difficiles et de plus en plus nombreux de jeunes majeur-e-s isolé-e-s sans papiers pour lesquels ils et elles n’ont reçu aucune formation spécifique.

Le gouvernement a lancé à marche forcée une « refondation du travail social », le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne va pas dans le bon sens. Il est vrai qu’il a oublié de consulter les personnels...

Tout cela intervient dans un contexte de blocage des salaires et de restrictions budgétaires massives.
La mise en place du nouvel espace statutaire de la catégorie B et la « montée » des ASS en B+ n’a servi qu’à exacerber les concurrences entres corps et n’a pas réglé le problème de fond : la double nécessité d’un reclassement en catégorie A, correspondant au niveau de formation, et d’augmentation uniformes pour toutes et tous.

On constate aujourd’hui, une augmentation du nombre des emplois précaires au sein de nos services (contractuel-le-s et vacataires). Ces ASS corvéables à merci, sont affecté-e-s dans les secteurs les plus difficiles, pour une rémunération inférieure ou égale au SMIC.

On a déjà essayé de sortir les service sociaux de l’Education nationale (2003), et la lutte des personnels l’a empêché. Aujourd’hui, la politique territoriale fait courir de nouveaux dangers avec le risque d’inégalités accrues entre départements, au détriment de la qualité du service public.

En attendant, la gestion et l’évaluation des ASS deviennent de plus en plus managériales (voir, dans la note de service 2014 relative au déroulement de la carrière des personnels, l’insistance sur le « rapport d’activité », etc).

Les aides à la scolarité toujours en baisse

Les bourses de collège sont plus que jamais insuffisantes et ne peuvent plus être demandées en cours d’année. Seuls les revenus équivalents au RSA peuvent prétendre au taux maximum de 110 euros environ par trimestre.
Les aides de conseils généraux varient beaucoup d’un département à l’autre et créent ainsi des inégalités criantes (aides à la demi-pension, aux transports scolaires, chèques loisirs, lecture...).

Les bourses de lycée ont été revalorisées, mais l’attribution de bourses provisoires est très restrictive. Aucune souplesse n’est acceptée et les situations les plus précaires ne peuvent être prises en compte que dans le cadre de fonds sociaux.
Ceux-ci diminuent chaque année. Inscrits sur la ligne "vie de l’élève", les budgets des fonds sociaux se partagent alors avec les actions éducatives !

A SUD éducation nous n’entendons pas « accompagner » les politiques gouvernementales, mais défendre et promouvoir un système scolaire qui ne soit pas celui du tri social.


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