L’unité dans les luttes en pratique : Manifestation contre les "licenciements boursier" devant le ministère du travail ; grève dans le secteur automobile.

mardi 29 janvier 2013
par  Pierre L
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29/01/2013

Les salariés de PSA Aulnay, soutenus par les syndicats CGT, CFDT et SUD, sont en grève reconductible depuis le 16 janvier 2013.

  • Après le lock-out, malgré les briseurs de grève d’hier matin, la chaine de PSA Aulnay est toujours arrêtée.
  • Manifestation cet après-midi mardi 29 contre les « licenciements boursiers » Pour une vraie sécurisation de l’emploi, Une loi contre les licenciements dans les groupes qui font du profit Grand rassemblement devant le ministère du travail

Pour une vraie sécurisation de l’emploi, Une loi contre les licenciements dans les groupes qui font du profit
Grand rassemblement devant le ministère du travail - le 29 janvier 2013 à 14 heures 127 rue de Grenelle Métro Varenne

Pas une semaine ne passe sans l’annonce d’un nouveau plan de licenciement massif par un groupe qui fait des bénéfices énormes.
A chaque fois c’est le même refrain : "Entreprise en difficulté, restructuration pour sauver la compétitivité ..." alors qu’en réalité l’objectif est de faire encore davantage de profit.

Depuis quelques mois, des délégations de salariés en lutte venus de toute la France se rassemblent autour d’une proposition de loi nouvelle contre les licenciements dans les groupes qui font des bénéfices.
L’initiative vient de "Licenci’elles ", l’association des salariées des 3 suisses licenciées abusivement par un groupe qui réalise des profits colossaux. Les Licenci’elles ont dénoncé le fait qu’elles ne pouvaient pas porter plainte contre le plan de licenciement de 3 Suisses tant qu’elles n’avaient pas été licenciées !

Comme des centaines de milliers de salariés, elles savaient que le groupe 3Suisses n’avait aucune justification économique valable à leur licenciement au regard de la loi, mais qu’elles ne pouvaient pas pour autant empêcher leur patron de les licencier.

Ensemble avec les Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF, Coca-Cola, Merck Serrono.. . elles ont décidé de rédiger une proposition de loi pour empêcher les licenciements, avant qu’il ne soit trop tard, dans les groupes qui font du profit.

Une loi nouvelle pour vraiment bloquer les licenciements lorsqu’ils sont interdits, c’était aussi une exigence portée par des milliers de salaries pendant la campagne de l’élection présidentielle. Le candidat Hollande est même allé à la rencontre des salariés en lutte de Goodyear et Fralib, en faisant la promesse que s’il devenait Président de la République il ferait voter en urgence une loi interdisant les licenciements dans les groupes qui font des profits.

Pour l’heure Hollande n’a toujours pas tenu cet engagement.
Comme bien d’autres promesses de campagne qui ont permis la victoire de la gauche, celle de donner aux salariés le droit d’arrêter les plans de licenciements illégaux avant qu’ils n’aient lieu a disparu des écrans radars du gouvernement.

Pire, l’accord national sur la sécurisation de l’emploi, signé récemment par trois confédérations syndicales, ne va pas dans le bon sens en remettant en cause les principaux droits des salariés face aux licenciements économiques !
Ces confédérations sont-elles réellement en phase avec leurs adhérents et militants de terrain, dont beaucoup sont pourtant en lutte contre des plans de restructuration dont ils dénoncent les effets néfastes pour l’emploi ?

Mais nous n’avons pas l’intention de laisser cela arriver.
Nous les représentants des salariés en lutte de Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF ... nous avons décidé d’agir pour que la loi que nous avons rédigée soit votée à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Nous avons besoin de cette loi dans les luttes que nous menons contre certaines des multinationales les plus puissantes de la planète qui licencient en masse pour accroitre sans cesse leurs profits et le cours de leurs titres en bourse.

C’est pourquoi nous allons venir de toute la France et de dizaines d’entreprises, où nous nous battons pour nos emplois, pour nous retrouver :
Le mardi 29 janvier 2013 a 14 heures Pour un grand rassemblement devant le ministère du travail 127 rue de Grenelle Métro Varenne


Le mouvement de grève se poursuit ce mardi matin à l’usine PSA Peugeot-Citroën d’Aulnay-sous-Bois, la production est à l’arrêt complet alors qu’une réunion de négociations a débuté à 8h30 à Paris, au siège du constructeur automobile.
Les grévistes vont manifester en fin de matinée devant le siège du constructeur, avenue de la Grande Armée à Paris. C’est là que se tient une séance de négociations autour des mesures d’accompagnement du plan social (qui prévoit 8000 suppressions de postes et la fermeture de l’usine d’Aulnay).

Ils rejoindront ensuite des manifestants du magasin Virgin aux Champs-Elysées, avant d’aller se rassembler devant le ministère du Travail, avec les salariés d’autres entreprises comme Goodyear (dont l’usine d’Amiens est elle aussi sous la menace de suppressions de postes).


Lundi 28 janvier 2013
Après le lock-out, malgré les briseurs de grève de ce matin, la chaine de PSA Aulnay est de nouveau arrêtée.

Alors que 200 cadres sont venus en renfort pour la réouverture de l’usine d’Aulnay ce matin lundi, la chaîne de production a été rapidement bloquée par les grévistes. La grève avait déjà paralysé l’usine du 16 au 18 janvier. Elle a ensuite été fermée toute la semaine dernière, sur décision de la direction en raison d’une avarie électrique, mais surtout parce que les "conditions de sécurité" n’étaient "pas remplies".

Alors que ces équipes d’encadrement supplémentaires gagnaient leur atelier vers 06H00, ils se sont fait siffler, huer et interpeller par des grévistes qui distribuaient des tracts aux portillons d’entrée dans l’usine, gardés par de nombreux vigiles. « Vous êtes en train de casser la grève, vous n’avez pas honte de ce que vous faites ! », leur a crié un gréviste. « Mercenaires ! ».

Au moment de la reprise du travail, les grévistes - en habits de ville - se sont rassemblés dans l’atelier montage derrière une banderole clamant "Non à la fermeture de PSA Aulnay !" Un cordon de sécurité les séparait d’une vingtaine de cadres extérieurs déployés en "observateurs" par la direction.

Ils ont ensuite voté d’un seul homme la grève.
Sur les lignes, par petites grappes, des salariés, majoritairement intérimaires, attendaient que la ligne fabriquant la Citroën C3 se mette en marche, en vain.
Les grévistes ont fait le tour de l’atelier pour convaincre les non-grévistes de rejoindre le mouvement, tandis que des clameurs et des battements de tambour résonnaient.

"C’est nous qui fabriquons la voiture la plus vendue dans le groupe et après tu nous dis elle coule ta boîte, eh bien, qu’elle coule !" a argumenté un gréviste auprès d’un cadre venu en renfort de Poissy (Yvelines). "Viens, camarade, tu es l’un des seuls embauchés à ne pas faire grève. Fais comme nous, on va au vestiaire enlever ton bleu de travail", a dit une gréviste à un salarié, qui croisait les bras, secouant la tête en signe de refus.

"Il y a des salariés qui n’ont pas eu envie de venir. Ils ont choisi cette solution pour ne pas casser la grève", a pour sa part jugé Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, qui avait appelé à la grève le 16 janvier, dénonçant "les pressions de la direction" qui a renforcé la présence de vigiles à l’entrée de l’usine et appelé "plus de 200 cadres" d’autres sites en renfort.
La direction avait promis, dans une lettre envoyée aux salariés, de les "protéger" quand ils reprendraient le travail ce lundi matin après 10 jours d’arrêt. Auparavant, elle avait dénoncé des "dégradations" de la part des grévistes et des "intimidations" sur des non-grévistes.

Les cadres arrivés en renfort devaient "faire respecter le droit de grève et faire en sorte que la liberté du travail soit respectée" afin de "rassurer" les salariés et que "chacun puisse se comporter librement", a résumé le directeur du site, Laurent Vergely. "Parmi les grévistes, il y a un noyau dur qui a tendance à jouer avec les limites du droit", a-t-il affirmé.
"On veut nous faire passer pour des casseurs, des terroristes, vous trouvez ça normal ?" s’est ensuite indigné l’un d’eux auprès de l’AFP.
Source AFP

11.214 postes à supprimer
Entre mai 2012 et mi-2014, 11.214 suppressions de postes sont envisagées chez le constructeur français, dont les salariés de l’usine d’Aulnay et 1.400 personnes à Rennes.

Pour ces deux sites, un PSE est prévu, avec une phase de volontariat pour les départs ouverte jusqu’au 31 décembre. Le plan de restructuration a déjà reçu un avis défavorable de quatre organisations syndicales, dont la signature pour le volet social est loin d’être acquise.


Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay 27/01/2013

La direction rouvre l’usine en organisant un climat de tension et de provocations. 5 militants CGT convoqués à la Sureté Territoriale.
Pour la réouverture de l’usine, la CGT dénonce le climat de tension que la direction veut instaurer dans l’usine en revenant aux méthodes « Citroën » des années noires d’il y a 30 ans :

En réunion de CE de vendredi dernier :

1) La direction avoue qu’elle a fait appel à une 2e société de vigiles privée :
Cette 2e société, la société MAURY, vient renforcer la société PRETORIAN. La direction a refusé de communiquer le nombre de vigiles présents sur le site. Pour la CGT, ils seraient plus d’une centaine à quadriller l’usine et cela en toute illégalité article L 612-4 : « Il est interdit aux personnes exerçant une activité mentionnée à l’article L. 611-1 ainsi qu’à leurs agents de s’immiscer, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit, dans le déroulement d’un conflit du travail ou d’événements s’y rapportant. Il leur est également interdit de se livrer à une surveillance relative aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou aux appartenances syndicales des personnes ».

2) Confirmation de l’arrivée de cadres et de maîtrise d’autres sites PSA. Selon la direcion, ils ne seront pas là pour occuper un poste mais pour « renforcer » les cadres d’Aulnay. D’après nos informations, ils seraient eux aussi près d’une centaine.

3) Annonce que des groupes d’intervention de vigiles et de cadres/maîtrise prendraient position derrière les portillons d’entrée du personnel aux premières heures de l’embauche.

4) Dernière provocation : malgré les multiples annonces faites aux différentes réunions de CE, la direction cherche les moyens juridiques pour ne pas payer la période de chômage pour les salariés qui étaient en grève depuis le mercredi 16 janvier.

La CGT dénonce la politique irresponsable de la direction qui a comme objectif d’empécher les salariés à se déclarer librement en grève.

Du côté des grévistes, vendredi dernier, à la Bourse du travail, l’Assemblée Générale des salariés a voté la grève pour lundi et a décidé de réoccuper l’usine. Malgré les pressions et les provocations de la direction, ils s’adresseront, comme depuis le début de la grève, pacifiquement, à leur camarades de travail pour les appeler à rejoindre et à renforcer la grève à la veille de la dernière réunion de négociation (mardi 29 janvier à Paris).

5 militants CGT convoqués à la Sureté Territoriale de Bobigny la direction monte d’un cran pour casser la grève.

Le cabinet d’huissier payé par PSA a porté plainte contre 5 militants CGT engagés dans la mobilisation depuis 20 mois et particulièrement dans la grève depuis mercredi 16 janvier.
Parmi les 5 militants, Agathe Martin, mère de deux enfants qu’elle élève seule. Ces convocations, une par jour, sont faites pour détourner et paralyser la mobilisation. C’est bien la preuve que PSA craint par dessus tout que la grève s’étende.
En renforçant sa campagne de calomnie et de mensonge, la direction tente par tous les moyens de casser la grève en faisant passer les grévistes pour des violents. La CGT rejette toute accusation de violence.

Jean-Pierre Mercier DS CGT PSA Aulnay DS Central adjoint CGT du groupe PSA


Communiqué de presse de la CGT PSA Aulnay 22/01/2013

Meeting commun des salariés en grève de Renault Flins et de PSA Aulnay
Mercredi 23 janvier
, les salariés de Renault sont appelés à se mettre en grève contre les accords de compétitivité. La direction de Renault voudrait extorquer la signature des syndicats, en leur faisant un chantage ignoble, en menaçant de fermer deux usines s’ils ne signaient pas.

A PSA, la direction a affirmé qu’une fois qu’elle aura obtenu un accord sur la fermeture de l’usine d’Aulnay, elle commencera à son tour une « négociation » sur le même genre d’accord qui vise à bloquer les salaires, imposer des mobilités obligatoires et continuer à supprimer des emplois.

Le but des patrons de Renault et de PSA est clair : supprimer des emplois, licencier, fermer des usines, puis augmenter les heures de travail et bloquer les salaires de ceux qui restent.

Les salariés de Renault et de PSA ont tout intérêt à se rencontrer pour faire cause commune.
C’est l’objectif de ce meeting commun : réunir les salariés des deux groupes, dénoncer les attaques communes de nos patrons et défendre l’idée que c’est ensemble dans la lutte que nous pourrons nous défendre contre les attaques de nos patrons.


[Voir les vidéos :]
http://www.actuchomage.org/20130123...


Mise au point sur la campagne de calomnie et d’insulte de la direction de PSA.

Depuis 2 jours, les salariés en grève sont la cible d’une scandaleuse campagne de calomnie et d’insulte de la part de la direction de PSA. La direction a choisi l’escalade verbale comme forme de dialogue. Cette attitude irresponsable révèle le vrai visage d’une direction qui n’accepte pas que les salariés, qu’elle veut licencier, relèvent la tête, s’organisent et se mettent en grève pour se défendre.

Du mercredi 16 janvier au vendredi 18 janvier en après-midi, les salariés en grève occupaient l’usine et avaient imposé contre la volonté de la direction la liberté de la presse dans l’usine. Les journalistes pouvaient faire en toute liberté leur travail. Les grévistes ont même empêché les cadres de PSA de vouloir expulser une équipe de BFM.

Depuis vendredi 18 janvier en après-midi, la direction a fermé l’usine et interdit l’accès à tous les salariés. L’usine est entièrement sous son contrôle, surveillée en toute illégalité par une société de vigiles privée. Et c’est, 4 jours après avoir interdit l’accès à l’usine à tous les salariés que la direction se met subitement à parler de dégradations et de sabotages. C’est pour le moins étonnant et suspicieux.

La réalité est, qu’en fermant l’usine, la direction espérait désorganiser la grève, isoler les grévistes. C’est tout le contraire qui s’est passé. La grève tient bon, les grévistes ont renforcé leur organisation et leur détermination.
La CGT réfute toutes les accusations mensongères de la direction.
Les casseurs, ce sont les patrons de PSA qui ont décidé de casser l’usine, brique par brique, boulon par boulon et d’envoyer au chômage des centaines de salariés.

Jean-Pierre Mercier
DS CGT PSA Aulnay
DS Central adjoint CGT du groupe PSA

http://cgt-psa-aulnay.fr/



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