Transhumance festive contre le puçage électronique des moutons et des humains

dimanche 27 janvier 2013
par  Pierre L
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Deux questions graves pour nos sociétés sont posées par les éleveurs qui organisent cette manifestation.

D’abord la surveillance et le contrôle de tous et tout par des politiques technologiques liberticides.

Ensuite l’éradication programmée de toutes les exploitations agricoles "à visage humain" pour laisser triompher les entreprises géantes de l’industrie agro-alimentaire. Après les cultivateurs qui, par la loi du 28 novembre 2011, seront de fait obligés d’acheter leurs semences aux grosses entreprises agroalimentaires, les éleveurs vont être maintenant contraints de passer sous les fourches caudines des mêmes entreprises capitalistes. Ce qui débouchera sur une alimentation produite, non pas avec des critères de qualité et de goût, mais avec des critères de rentabilité capitaliste.

Transhumance festive contre le puçage électronique des moutons et des humains
ouverte à toutes et tous du 28 janvier au 1er février

Contre le puçage électronique des moutons et des humains
par : Pièces et main d’œuvre - 19 janvier 2013

Du 28 janvier au 1er février 2013, nous marcherons dans la Drôme avec les éleveurs et leurs troupeaux, contre le puçage électronique des moutons et des hommes. Vendredi 1er février 2013 au matin, les moutons et les hommes vous appellent à les rejoindre pour manifester à Valence jusqu’à la préfecture.

Depuis les années 2000, une technologie dissimulée et disséminée révolutionne nos vies à notre insu. Rares sont ceux qui connaissent l’acronyme RFID (Radio Frequency Identification).

Les puces RFID sont des tatouages électroniques. Elles permettent d’identifier et de suivre un objet ou un être vivant parmi tous les autres, à distance. Minuscules, elles s’intègrent à la matière (papier, verre, tissu, plastique, etc.) et transforment ce – ou celui - qui les porte en objet communicant.
En objet.
Repérable et traçable par les détecteurs placés dans l’environnement, pour une gestion optimisée des flux et des stocks, de marchandises, d’animaux ou d’humains.

Les RFID sont partout.
Dans nos papiers d’identité, nos cartes de transports, les livres des bibliothèques, les arbres des villes, les pass sans contact, des vêtements et produits de consommation.
Elles sont aussi sous la peau des animaux domestiques et d’élevage, et de milliers d’humains pucés, volontairement ou par obligation.

Le but de l’industrie électronique, des gouvernements et des vendeurs de tout et n’importe quoi, est de pucer toute chose sur Terre : objets manufacturés, décors urbains, réseaux, paysages « naturels », infrastructures, bâtiments, êtres vivants. Par exemple, nos compteurs électriques.

Les fameux « Linky » permettront de savoir à la minute ce que nous faisons chez nous, de relever notre consommation à distance – et de couper l’électricité pour défaut de paiement.
Flicage, automatisation, suppression des rapports humains, et des humains eux-mêmes.
Ou encore les téléphones portables. Pour vous envoyer, de façon ciblée, les publicités des boutiques ou lieux près desquels vous passez.

Les machins électroniques seront partout, et partout ils nous remplaceront.
L’humain est le maillon faible de la machinerie économique, trop aléatoire, fragile, incontrôlable.
Pour optimiser et rentabiliser tous les aspects de nos vies, les puces – connectées au système informatique de collecte et de traitement de leurs milliards d’informations - agiront à notre place.

Ce projet d’automatisation et de pilotage centralisé de la société-fourmilière a été nommé « planète intelligente » par IBM, qui vend au pouvoir et aux entreprises les systèmes de puçage et de gestion des données.

Après le contrôle et la surveillance, nous voici dans la société de contrainte.

Depuis 2012, les éleveurs de moutons et de chèvres sont contraints de mettre une puce RFID à leurs animaux. Pour une gestion informatisée du troupeau. Vous trouvez indigne de traiter les bêtes comme des conserves de supermarché ? De les « biper » pour les nourrir, les soigner, les déplacer ? On fait aux animaux ce que l’on fera aux hommes.
Certains déjà « scannent » leur bras pour s’identifier à l’entrée de leur banque ou pour payer leur bière en boîte de nuit.

Sans puce sous la peau, mais pris dans le filet de centaines de mouchards autour de nous, quelle liberté, quelle dignité, quelle autonomie nous resteront ?
Voulons-nous laisser la conduite de nos vies à des systèmes automatisés ? _ Ou voulons-nous encore du hasard, de l’imprévu, de l’improvisation, de l’inconnu ?

Nous refusons de déléguer notre existence aux automates. Nous n’avons pas besoin de machines, mais d’humanité.

C’est maintenant qu’il faut refuser la dissémination des RFID : soutenez les éleveurs réfractaires, boycottez les entreprises et magasins qui pucent leurs produits et services (renseignez-vous auprès des employés) et appelez vos proches au boycott, refusez le compteur Linky et les pass sans contact, et faîtes connaître les raisons de votre refus.
Débranchons-nous.

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Pour en savoir plus
RFID : la police totale. Puces intelligentes et mouchardage électronique, Pièces et main d’œuvre (Editions l’Echappée, 2008 et 2011)
RFID : la police totale, le film, par Subterfuge et Pièces et main d’œuvre (28’). A voir ici.
Mouton 2.0 – La puce à l’oreille, un film d’Antoine Costa et Florian Pourchi. Projections et DVD.
Les sites www.piecesetmaindoeuvre.com - http://nanomonde.org - http://contrelepucage.free.fr


Voici l’itinéraire de la transhumance :
28 janvier Mornans - Saoû
29 Saoû – Crest
30 Crest – Montmeyran
31 Montmeyran – Valence
1 février Valence ville

Nous sommes des collectifs de différents départements, regroupant essentiellement des éleveurs mais aussi des non-agriculteurs. Chaque collectif est indépendant et ne se revendique d’aucun syndicat ni parti politique.
En tant qu’éleveurs, nous sommes soumis à des contraintes de plus en plus fortes qui nous obligent à accepter les normes de l’élevage industriel.

Considérant que ce mode d’élevage est une impasse, alors même que d’autres voies existent, nous refusons de nous y soumettre et nous revendiquons le droit des paysans à rester maîtres de leur pratiques.

Pour ce faire, nous organisons une transhumance de plusieurs jours à travers la Drôme pour attirer l’attention de la population et des pouvoirs publics sur deux mesures qui s’opposent à notre vision de l’élevage et qui contribueront à fragiliser un grand nombre de fermes : l’identification électronique des ovins et caprins et l’obligation d’acheter des reproducteurs mâles « certifiés » pour tous les ruminants.

L’identification électronique des ovins et des caprins, c’est-à-dire la pose d’une boucle munie d’une puce RFID à l’oreille des animaux, est obligatoire depuis juillet 2010.

Les arguments avancés par l’administration sont l’amélioration de la traçabilité et la facilitation des conditions de travail des éleveurs, deux arguments que nous réfutons.
En effet, le système actuel d’identification (une boucle classique à chaque oreille) assure une traçabilité amplement suffisante et notre travail se verra alourdi d’une contrainte informatique inutile et coûteuse.
Si nous ne croyons pas à l’intérêt de cette mesure pour l’élevage, nous ne doutons pas qu’imposer l’usage de gadgets électroniques à toute une profession ouvrira un marché fort intéressant à l’industrie des nanotechnologies, particulièrement bien implantée en France.

Les éleveurs qui ne posent pas cette boucle électronique sont passibles de sanctions financières très lourdes. Un couple d’éleveurs de la Drôme s’est ainsi vu supprimer ses aides PAC au titre de la conditionnalité des aides équivalant à 8000€.

Nous acceptons d’autant plus difficilement cet empressement de la France à imposer la mesure qu’elle va totalement à l’encontre d’un rapport parlementaire européen de 2008, signé par notre actuel ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Nous sommes donc en droit de nous interroger sur un tel retournement de situation…

Enfin, nous avons de profondes inquiétudes sur l’avenir d’une société qui puce de plus en plus largement les êtres vivants et qui ne voit de salut que dans toujours plus de technologie.

Autre facette de l’industrialisation de l’élevage, promise pour 2015, l’obligation de se fournir en reproducteurs mâles certifiés, c’est-à-dire issus de centres de sélection.
Autrement dit, il s’agit d’interdire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est toujours fait. Les mâles ne seront donc plus sélectionnés que sur des critères propres à l’industrie.
Exit les multiples critères paysans qui assurent diversité génétique, rusticité, résistance aux maladies, etc.
La seule chose que l’élevage risque de gagner avec une telle mesure, c’est la dégradation du capital génétique existant et l’apparition de nouvelles maladies.
Mais soyons rassurés, l’industrie saura inventer les remèdes et vaccins nécessaires !

La transhumance que nous organisons a pour objectif de faire connaître le plus largement possible notre situation et nos positions. Nous souhaitons que la population soit consciente de ce que signifierait la disparition totale des élevages non industriels pour l’environnement, le bien être animal et la santé des hommes et des femmes. Nous pensons que les animaux sont autre chose qu’un objet industriel permettant de faire de l’argent et que les éleveurs doivent rester libres de leurs pratiques pour faire perdurer la notion du vivant dans leurs rapports avec les animaux.

Quand à l’administration, et donc à l’Etat, nous souhaitons lui signifier notre refus catégorique de nous plier à des exigences qui ne servent que l’industrie.

Après avoir déjà rencontré à plusieurs reprises différents représentants locaux de l’administration qui nous disent ne pas être en mesure de répondre à nos revendications, nous sollicitons une rencontre avec Monsieur Le Foll, Ministre de l’Agriculture, lors de notre arrivée à Valence pour lui demander la levée de l’obligation de l’identification électronique et la suppression du projet de mâles certifiés.


Lettre aux élus-es de la Drôme
Lettre envoyée aux Maires Sénateurs, Députés, Conseillers généraux, Conseillers régionaux, et Députés européens,

Mesdames et Messieurs les élus,es
Notre collectif d’éleveurs s’est créé en 2008 pour lutter contre l’obligation de vacciner contre la fièvre catarrhale ovine (maladie non transmissible à l’homme).
Depuis l’été 2010, nous luttons contre l’obligation de poser des boucles électroniques aux ovins et caprins.

De nombreux collectifs comme le notre existent en France et nous sommes suivis dans notre combat par d’autres organisations (syndicats agricoles, mouvements citoyens…).

De la même manière que l’a fait le collectif des éleveurs de P.A.C.A., nous sollicitons par la présente lettre votre soutien.

Ainsi, depuis juillet 2010, les éleveurs ovins et caprins sont soumis à l’obligation d’identifier électroniquement les animaux qui naissent sur leur exploitation. En 2013, c’est tout le cheptel français qui devra être « électronisé » (bouclage électronique des adultes). Cette obligation n’apporte rien de mieux en matière de garantie sanitaire ; par contre, elle s’inscrit dans un ensemble de mesures qui va accélérer la disparition d’un grand nombre de nos élevages.

Pour nous, cette nouvelle réforme de l’identification génère plusieurs problèmes :
- un surplus de travail (par le rebouclage des animaux adultes nés avant juillet 2010) et une augmentation des frais liés à l’identification (car l’état ne prend ce surcoût en charge que pendant 2 ans)
- de nouveaux problèmes de pollution : ainsi, rien a été prévu pour la perte, la collecte et le recyclage de ce type de matériel. Soucieux de garantir la qualité des produits à des consommateurs de plus en plus attentifs, nous estimons être en droit de refuser d’infliger la pose d’un appareillage électronique à cinq centimètres des cerveaux de nos animaux, tout au long de leur existence.
- des problèmes en terme d’éthique : évolution vers une société de plus en plus muselée ou la confiance envers les éleveurs est remplacée par les lecteurs de puces RFID.
Ainsi, l’électronisation de nos cheptels assurera surtout la rentabilité des entreprises de micro-électronique.

De plus, d’autres mesures se profilent, qui restreignent encore notre métier d’éleveurs : ainsi la Loi n° 2006-11 du 05/01/2006 prévoit, par un article du code Rural déjà rédigé, que :« A compter du premier janvier 2015, le matériel génétique support de la voie mâle acquis par les éleveurs de ruminants est soumis à obligation de certification, qu’il s’agisse de semence ou d’animaux reproducteurs ».
_ En clair nous perdrons la maîtrise de la sélection de nos reproducteurs, puisque nous ne pourrons plus les échanger librement, entre éleveurs.
_ Cela détruira de façon irréversible la diversité génétique comme cela se passe déjà pour les semences végétales.

Pour ces raisons nous refusons l’électronisation obligatoire des animaux d’élevage.

Ces techniques imposées dans une superposition de réglementations ont pour résultat certain, de nous faire perdre le lien avec nos animaux. En effet, de tous temps, les éleveurs ont tissé une relation privilégiée avec leur troupeau basée sur un ressenti intuitif, base de leur conduite d’élevage. Ce rapport au vivant est un trésor inestimable dans un monde qui est entrain de s’en éloigner, voire de perdre son "bon sens". Les éleveurs ne sont ils pas les sentinelles de la liberté ?

Nous refusons d’employer ces « puces RFID » et subissons de graves mesures de rétorsion, qui mettent en jeu la survie de nos exploitations  : risque d’amendes, pénalités financières, suppression des aides de la Politique Agricole Commune qui représentent une part importante de nos revenus, interdiction de circulation ou de mener nos agneaux à l’abattoir.

Pourquoi notre administration s’acharne t’elle contre nous ?

Pour soigner, sélectionner et identifier nos animaux d’élevage, nous demandons simplement qu’on respecte notre liberté d’en choisir les moyens, du moment qu’ils sont fiables et éprouvés depuis longtemps.

Après de multiples démarches envers les autorités concernées, nous proposons à tous nos concitoyens de nous soutenir. A vous, élus, Maires, Conseillers Municipaux, Généraux, Régionaux, Députés ou Sénateurs, d’appuyer en signant la motion ci-jointe, ce qui nous renforcera vis-à-vis de l’administration, pour l’amener à modifier sa position.

En espérant que vous serez sensibles à nos soucis d’éleveurs, d’agriculteurs, de citoyens, nous vous remercions d’avance de votre soutien.
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les élus-es, l’expression de nos sincères salutations.

Merci de nous renvoyer la motion ci-jointe à :
Collectif des éleveurs drômois
Chez Yvan DELAGE
Le village 26310 Saint Dizier en Diois

***
Motion de soutien aux éleveurs

Je / nous, soussigné(e), (e) (s) :
Mandat :
Sollicité par le collectif des éleveurs de la Drôme de qui souhaite pouvoir choisir les moyens d’identifier ses animaux, je déclare appuyer leurs requêtes.
En effet depuis l’été 2010, ces éleveurs se plaignent de devoir identifier tous les animaux qui naissent dans leurs élevages , avec une puce électronique (puce RFID), et à partir de 2013 l’ensemble de leur cheptel.
Pourquoi rendre l’emploi de nouvelles technologies systématiquement obligatoire quand elles n’ont pas d’utilité pour de nombreux éleveurs ?
Très attachés à leur travail, proches de leurs animaux, la plupart refusent d’être astreints à une gestion de leur troupeau par un ordinateur.
Il existe encore, heureusement, une réalité pastorale, la transhumance, l’estive, en Rhône Alpes et dans bien d’autres régions !
L’identification des animaux avec de simples boucles plastiques ou des tatouages à l’oreille (technique employée auparavant), était pourtant suffisante et fiable.
Les éleveurs sont donc fondés à demander que l’emploi de ces boucles électroniques redevienne purement facultatif, comme il l’est encore pour identifier les bovins en France, ou les ovins et caprins de certains autres pays européens.
Je souhaite que l’état revoie sa réglementation dans le sens d’une obligation de résultats et non de moyens, pourvu que l’identification soit pérenne et fiable.
De même, les éleveurs s’inquiètent d’un article de loi qui prévoit de restreindre leur liberté de sélectionner leurs reproducteurs selon leurs propres critères dès 2015.
Ces procédures doivent être remises en question pour ne pas signer la fin des élevages à taille humaine, qui forment et enrichissent le tissu rural et qui restent un des atouts de la diversité agricole de nos belles régions

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