Congrès départemental extraordinaire du 10 avril

jeudi 13 avril 2006
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Nous nous sommes attaqué(e)s au cahier vert de la préparation du congrès fédéral organisé à Clermont Ferrand (modifications statutaires et règlement intérieur). Cela nous a valu beaucoup de fous rires, ce genre de textes prenant assez rapidement la tête et provoquant la nécessité d’en rire pour libérer la tension nécessaire à la compréhension des enjeux de chaque alinea.
l’intérêt annexe de ce travail a été d’élucider pas mal des problèmes qui agitent régulièrement la fédération SUD éducation (et qu’on découvre lorsqu’on se rend au conseil fédéral). la modification des statuts et la rédaction d’un règlement intérieur ayant pour but de régler ces problèmes récurrents.
Nous avons voté les 29 points du règlement intérieur et les 69 de modification des statuts (si les détails des votes vous intéressent demandez les moi). Et nous étions bien content(e)s.
Nous avons également élu nos représentants au congrès de Clermont. Sauf contre ordre de dernière minute nous envoyons Sylvie et John, Nicola, Alain, Pierre.

Par ailleurs, nous avons fixé de nombreux rendez-vous.

AG mercredi de la rentrée le 3 mai
à partir de 14 h
(ceux qui veulent se donnent rendez-vous autour de 13 h pour un pique-nique au local)
Nous ferons le bilan de la situation après ces trois mois de lutte extraordinaire et nous envisagerons la suite, nous voterons aussi sur les motions pour le congrès que nous n’avons pas eu le temps d’examiner ce lundi. Pour cela le bureau vous enverra un résumé simple de ces motions pour que vous puissiez donner votre avis sans y passer des heures. Nous vous proposerons aussi de donner votre avis par internet.

Le congrès annuel ordinaire
de SUD éducation 84
aura lieu le vendredi 2 juin
toute la journée

Ce congrès ordinaire a pour but de préparer l’année prochaine, d’élire le futur bureau (on a besoin de candidatures), de faire le bilan de l’année écoulée (ce qui a bien marché et qu’il faut poursuivre, ce qui n’a pas été réussi ou qui n’a pas été fait et qui doit être repris l’année prochaine), de décider des orientations principales de notre syndicat vauclusien pour l’année, etc.

Un stage de formation syndicale sur la décentralisation, organisé avec la CGTéduc, est en projet pour début juin.

Et puis, actualité oblige, nous avons fait un tour de table pour connaître la situation dans les différents établissements (voir forum du collectif 84).
Il ressort de tout ça un grand désir de lutte partout, mais aussi une grande fatigue des élèves et des adultes qui luttent, qui bougent, à cause des tensions imposées par les administrations et les collègues et parents des droites diverses plus ou moins violentes.
Ce qui apparaît aussi c’est l’apathie d’un très grand nombre de collègues. Il semblerait que la défaite de 2003 ait levé un tabou. Avant, beaucoup de profs pensaient, plus ou moins, que les syndicats les défendaient et étaient porteurs dans l’éducation nationale de valeurs d’égalité, de fraternité, de solidarité, de justice sociale. Ils croyaient qu’ils se devaient de défendre ces valeurs. Mais le sentiment d’avoir été trahis par ces mêmes syndicats lors du mouvement de 2003 a fait passer toutes ces valeurs pour des illusions, permettant à beaucoup de rejoindre la position plus confortable de la pensée dominante libérale. Et aujourd’hui beaucoup semblent s’être résignés à essayer de s’en tirer le mieux possible dans une école de plus en plus livrée au "chacun pour soi". L’acceptation peu à peu d’une école à deux vitesses par un grand nombre de profs est très significative. Cette évolution est inquiétante et mérite de plus amples réflexions de notre part.
Cela doit nous inciter à travailler très sérieusement sur : "quelle école nous voulons ?"
Une autre question inquiétante est apparue clairement pendant le mouvement : L’incompréhension qui existe souvent entre les jeunes eux-mêmes. Tous luttaient contre le CPE, mais certains le faisaient instinctivement dans un joyeux bordel, alors que d’autres le faisaient de manière plus réfléchie et organisée. La situation sociale des uns et des autres joue un rôle dans cette incompréhension. La "fracture sociale" entre les jeunes participants aux émeutes de l’automne 2005 et les "manifestants de l’UNL" du printemps 2006 est béante (évidemment je caricature les deux parties). Nous le savions déjà, ça se confirme. Là aussi notre pratique de personnels de l’éducation nationale ayant à faire avec les uns et les autres est interrogée. Que faire ?

Sur ce qu’a décidé le gouvernement lundi on a noté que c’était la première fois depuis 2002 que ce gouvernement reculait. C’est aussi la première fois depuis 1995 que des luttes aboutissent. Et il faut le faire savoir. C’est possible.

Ce recul a été rendu possible surtout par la mobilisation des jeunes échappant complètement aux mots d’ordre des organisations syndicales. les syndicats ont joué le rôle de forces d’appoint au mouvement. Mais sans eux le recul n’aurait probablement pas été possible.
Ce qui s’est passé dans les derniers jours est extrêmement encourageant. Les organisations syndicales ont, après des semaines de refus, accepté les coordinations étudiantes et lycéennes comme interlocuteurs valables. Elles ont mis leur logistique au service des étudiants-lycéens, elles ont organisé la rencontre entre les étudiants-lycéens et les équipes syndicales des boîtes (on doit citer en particulier la CGT). Les organisations syndicales ont beaucoup évolué grâce aux jeunes. Il y a eu, en de nombreux endroits, jonction entre les unions locales syndicales et les jeunes. C’est une des grandes victoires de ce mouvement.
De plus en plus au cours des semaines la lutte des jeunes est devenue une lutte interprofessionnelle. Les AG de 19 h à la fac (qui continuent) et surtout les actions communes étudiants/salariés en témoignent.
On vit en ce moment une ébauche de convergence des luttes (qu’on espérait en vain depuis des années).
Si le gouvernement a lâché le CPE, c’est parce qu’il a peur de cette convergence.

Enfin on a noté que le "printemps français" a interessé et suscité de l’espoir dans le monde entier et en particulier en Europe. Les messages de soutien (et même les manifs devant les ambassades de France) ne se comptent plus. Pour la première fois des luttes mettent à mal "la stratégie de Lisbonne".

Ce mouvement est l’expression du rejet massif d’une politique menée par les gouvernements depuis 20 ans.

Ceci étant, même si on a marqué un point, le CNE reste, les autres points de la "loi sur l’égalité des chances" restent.
La lutte n’est pas terminée.
Il est peut être trop tôt pour dire comment la continuer, mais déjà nous allons faire un tract pour expliquer notre position (vous avez reçu ce tract par internet, il y en a une pile, à distribuer dans vos établissements, qui vous attendent au local, venez les chercher).

Voici en vrac un certain nombre de réflexions faites à propos de la suite.
Il nous faut réfléchir aux moyens de maintenir actif ce réseau de luttes. Déjà le 1 mai pourrait être une manifestation unitaire. Peut être aussi la fête du NON fin mai.
L’enjeu est de fédérer, sans vouloir récupérer (ce qui serait très mal vu, à juste titre, par les jeunes). Depuis nos lundis sur la place de l’horloge et la campagne pour le NON beaucoup de choses ont avancé. Il nous paraît nécessaire de continuer.
Pour la durée il serait bien que les jeunes se syndiquent et fassent bouger leurs syndicats.
Mais évidemment on ne peut pas maintenir la mobilisation des autres, ni même donner des conseils qu’on ne nous demande pas. La seule chose qu’on doit continuer à faire : répondre aux demandes des jeunes.
Tout ce qui se fait, se fait dans le mouvement. Continuons à être là où ça bouge.

C’est tout pour aujourd’hui.
A bientôt.

Pierre pour le bureau de SUD éduc 84


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