Québec, printemps érable, la lutte continue

lundi 22 octobre 2012
par  Pierre L
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Le Parti québécois a remporté les législatives en septembre. Sa leader Pauline Marois a annoncé que son gouvernement allait annuler la loi spéciale limitant les manifestations et la hausse des frais de scolarité prévue par le gouvernement précédent du libéral Jean Charest. C’est une victoire des étudiants en lutte depuis des mois.

Cet automne les étudiant-e-s réuni-e-s dans la CLASSE (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante), en cohérence avec leurs revendications du printemps, ont manifesté le 22 septembre pour la gratuité scolaire.
De son côté l’ASSE (Association pour une solidarité syndicale étudiante) à l’origine de la CLASSE, a tenu son congrès fin septembre afin de préparer la suite de l’action.
Voici quelques échos de la continuité des luttes étudiantes au Québec.

Uni-e-s dans la rue pour la gratuité scolaire

MONTRÉAL, le 22 sept. 2012

Répondant à l’appel de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), des milliers de personnes prennent la rue aujourd’hui à Montréal afin de célébrer la victoire du mouvement étudiant et de relancer le débat sur la gratuité scolaire. Le mouvement historique des mois derniers a su montrer la puissance des mouvements sociaux lorsqu’ils se mobilisent.

Les annonces gouvernementales des derniers jours sont l’aboutissement du rapport de force établi durant les six derniers mois : « Cette victoire est une inspiration pour les mouvements sociaux à travers le monde qui combattent également des mesures d’austérité. Les gains qu’a faits le mouvement étudiant québécois sont une exception, pour le moment, et laissent entrevoir que rien n’est immuable en politique » déclare Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE.

Le mouvement étudiant, loin de s’éteindre, amorce un nouveau chapitre, tandis que plusieurs milliers d’étudiantes et d’étudiants ont adopté des mandats de grève pour la journée d’aujourd’hui, jour de cours dans plusieurs établissements.

Au cours des prochains mois, en vue du sommet qu’organisera le gouvernement à propos de l’éducation post-secondaire, la CLASSE compte mettre de l’avant sa revendication de gratuité scolaire : « La gratuité scolaire est un projet de société qui est tout à fait réalisable dans les circonstances présentes au Québec. C’est une question de volonté politique, point à la ligne », affirme Camille Robert, co-porte-parole de la CLASSE. « Nous comptons, dès aujourd’hui, à ce que toutes les organisations qui prônent la gratuité scolaire serrent les coudes, la FECQ y compris, afin que le message résonne clairement », poursuit Mme Robert.

Par ailleurs, si le mouvement a eu gain de cause sur la questions des frais de scolarité, la CLASSE rappelle que d’autres enjeux guettent l’éducation post-secondaire. Parmi ceux-ci se trouvent le financement et l’allocation des fonds en recherche, l’aide financière aux études, la qualité de l’enseignement et la gouvernance des institutions d’enseignement. « Nous ne serions pas plus avancé-e-s si le gel des frais de scolarité était financé par la contrition du régime d’aide financière aux études ou par des compressions dans les postes de professeur-e-s » observe Jeanne Reynolds. « Par ailleurs, de nombreuses étudiantes et de nombreux étudiants sont toujours dans une situation précaire à cause de la suspension des versements d’aide financière aux études pour la fin de la session d’hiver. C’est une situation urgente à laquelle le gouvernement doit remédier » ajoute Camille Robert.

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), l’organisation au fondement de la CLASSE, se réunira en congrès les 29 et 30 septembre afin d’établir le plan d’action pour l’année à venir.


L’ASSE dévoile son plan d’action annuel : en marche vers la gratuité scolaire !

Québec, le 30 septembre 2012

Réunies en congrès à l’Université Laval, les délégations des associations membres de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) ont élaboré un ambitieux plan d’action annuel axé sur le thème de la gratuité scolaire.

Cette revendication sera mise de l’avant lors de plusieurs événements de mobilisation, notamment en vue du sommet sur l’éducation post-secondaire que compte organiser le gouvernement. Puisque les détails de l’organisation du sommet sur l’éducation post-secondaire ne sont pas encore connus, la congrès de l’ASSÉ n’a pas statué sur sa participation ou non à l’événement. Cependant, afin que ce sommet soit l’occasion d’une réflexion en profondeur qui soit à l’image des revendications du mouvement étudiant, l’organisation a formulé ses demandes, qui seront communiquées au ministre de l’enseignement supérieur, de la science et de la technologie, Pierre Duchesne, lors d’une prochaine rencontre.

« C’est important pour nous que ce sommet soit l’occasion d’une réflexion en profondeur, d’une discussion qui accorde aux revendications étudiantes la place qu’elles méritent. C’est aussi important pour nous que ce soient les personnes directement impliquées dans le quotidien de l’université, c’est-à-dire les professeur-e-s, chargé-e-s de cours, employé-e-s de soutien et professionnel-le-s, et non des représentants et représentantes d’entreprises privées, qui prennent part à cette discussion. Les universités ne sont pas des entreprises et elles ne doivent pas le devenir. Ce ne sont pas des centres de formation de main-d’oeuvre, mais des lieux de recherche et de transmission du savoir » déclare Jeanne Reynolds, co-porte-parole de l’ASSÉ.

Au cours de ce sommet, l’ASSÉ compte montrer en quoi la gratuité scolaire est un projet de société tout-à-fait réalisable et souhaitable, ici et maintenant.

En vue de préparer des bases de travail et des revendications communes pour le mouvement étudiant lors de ce sommet, l’ASSÉ appelle à une deuxième édition du Rassemblement national étudiant (RNE) cet automne. Il s’agit d’un événement non-partisan où toutes les associations étudiantes du Québec sont invitées, peu importe leur affiliation nationale. La première édition du RNE a eu lieu au mois de mai 2011 et avait jeté les bases du mouvement de grève des derniers mois. « Notre objectif est de rassembler le plus grand nombre d’associations possible autour d’une même table, sans que les associations nationales, l’ASSÉ y comprise, ne viennent influencer les débats » lance Camille Robert, coporte-parole de l’ASSÉ.

Par ailleurs, le calendrier d’activités pour l’année à venir est ponctué de plusieurs événements de mobilisation. Notamment, dans le cadre de la semaine internationale de mobilisation étudiante, l’ASSÉ appelle à une manifestation le 22 novembre prochain.

« Notre mouvement a inspiré plusieurs associations étudiantes et mouvements sociaux dans d’autres pays, et nous voulons montrer notre solidarité avec les étudiantes et étudiants des autres pays. Par-delà les frontières, les enjeux qui touchent l’éducation sont souvent les mêmes : accessibilité, privatisation, marchandisation, entre autres. Le 22 novembre sera le moment de signifier aux dirigeants et dirigeantes d’ici et d’ailleurs que les étudiants et étudiantes se mobilisent lorsque la situation l’exige. » déclare Mme Robert. 

Enfin, la question du maintien ou de la dissolution de la Coalition large de l’ASSÉ (CLASSE) a été abordée. Les délégations ont choisi de mettre la CLASSE en dormance le temps d’une réflexion sur l’avenir de la lutte, réflexion qui doit se tenir dans les assemblées générales. Puisque la CLASSE a été créée en tant que coalition de grève contre la hausse des frais de scolarité, la question de sa perpétuation ou de sa transformation doit se poser maintenant que la grève étudiante est terminée.

De son côté, l’ASSÉ a connu une forte croissance au cours des derniers mois, accueillant 20 000 membres de plus depuis le mois de janvier. « C’est avec fierté que nous voyons se consolider le pôle combatif du mouvement étudiant » lance Jeanne Reynolds, co-porte-parole de l’ASSÉ.



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