Pour Valls, le changement, c’est de poursuivre la politique anti-Roms de Sarkozy

Un communiqué de la Fédération des syndicats SUD Education du 10 août 2012
vendredi 10 août 2012
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Mardi 31 juillet 2012, Manuel Valls, Ministre de l’intérieur, annonçait : « Les préfets ont pour
mission de démanteler les camps de Roms quand il y a eu une décision de justice »
. Ces dé-
clarations sont une confirmation : la politique d’expulsion tous azimuts mise en œuvre sur le
terrain cet été n’est nullement le fait de Préfets nostalgiques du sarkozysme, elle est bel et
bien commanditée directement par le ministère !

Comme l’ont constaté le collectif Romeurope et la FNARS fin juillet : « Partout en France les
évacuations des lieux de vie se poursuivent, comme à Aix-en-Provence, à Saint-Étienne, à la
Tronche... sans solutions alternatives, abandonnant à nouveau des hommes, des femmes et
des enfants à la rue, dans une précarité toujours plus grande. »
 [1]
D’autres expulsions ont déjà
eu lieu ou sont en préparation à Hellemmes, Villeneuve d’Asc, Grenoble, La Courneuve,
Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, Marseille, en Seine-Saint-Denis, ...

Il y a urgence à en finir avec cette politique discriminatoire qui a notamment pour consé-
quence de priver des milliers d’enfants et d’adolescent-e-s du droit à l’école. Déjà en 2009,
SUD éducation condamnait, avec le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation  [2]
, les
déplacements forcés à répétition qui ruinent les efforts des familles, des associations et des
personnels de l’Éducation Nationale pour la scolarisation de ces enfants.

La fédération SUD éducation :

  • condamne la politique discriminatoire du gouvernement Hollande-Eyrault-Valls à l’égard des Roms, dont les propos du ministre de l’intérieur sont le révélateur ;
  • demande que soit mis fin à toutes les mesures dérogatoires en France et en Europe qui entravent la liberté de circuler et qui excluent des milliers de travailleurs/euses roms du droit de travailler ;
  • exige que le droit au logement soit effectif sans condition d’origine ou de nationalité, et qu’il n’y ait aucune expulsion sans relogement, pour les Roms comme pour tou-te-s les ré- sident-e-s ;
  • appelle à construire des mobilisations pour faire respecter par l’ensemble des institu- tions (Mairies, Conseils Généraux, Régions, IA, Rectorats, État, Union Européenne) les droits inconditionnels au travail et au revenu, au logement et à l’éducation.

Saint-Denis, le 10 août 2012