Soutien aux étudiant-e-s en lutte de l’école supérieure d’art d’Avignon !

mardi 3 juillet 2012
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« Une nouvelle école se construit et cela n’ira pas sans bouleversement » ; « Si vous n’êtes pas contents, vous
n’avez qu’à partir » : propos de Jean-Marc Ferrari, directeur de l’école supérieure d’art d’Avignon.

Bien qu’ils aient obtenu leur diplôme, 15 des 35 étudiant-e-s concerné-e-s ont eu la mauvaise surprise
d’apprendre, à seulement quelques jours du passage de la licence, qu’ils/elles n’étaient pas reçu-e-s en master.
Et ce à l’issue d’un entretien … de 5 minutes devant une "commission d’orientation et d’accès en second
cycle". Les modalités d’admission et les critères de sélection n’ont jamais été précisés avant cette commission,
qui de toutes façons ne devait être que consultative. Ces étudiant-e-s sont renvoyé-e-s purement et
simplement de l’école avec, comme double peine, l’impossibilité de tenter dans les délais des concours d’entrée
dans d’autres écoles.

Tel est le résultat de la sélection arbitraire et scandaleuse mise en place, entre la licence et le second
cycle, par un directeur qui, tel un petit seigneur, pratique une politique féodaliste inacceptable et a orienté
toute sa gestion vers l’humiliation des étudiant-e-s et la casse de toute contestation interne à l’école.

Élection d’un représentant étudiant annulée, clientélisme, management par la terreur, harcèlement
moral et physique, sexisme, loi du silence généralisée, cette école est un concentré de ce qui peut se faire de
pire en matière d’abus de pouvoir et de mépris à l’encontre des étudiant-e-s.

Le 22 juin, soit deux jours avant la date du conseil d’administration de l’école, quatre élèves ont,
malgré une mauvaise volonté évidente de la police, déposé plainte contre leur directeur pour harcèlement
sexuel et harcèlement moral. Conséquence directe : le représentant étudiant a été physiquement empêché par
la police de venir porter devant le Conseil d’Administration les revendications formulées par les étudiants, ce
qui a entraîné la radicalisation de la mobilisation avec la reprise de l’occupation initiée le 19 juin et le blocage
de l’école.

Un inspecteur du ministère de la Culture et une représentante de la Direction Régionale des Affaires
Culturelles se sont rendus sur place pour enquêter sur le fonctionnement et la gestion de l’école. Nous
attendons leur compte rendu.

Le malaise dans les écoles nationales d’art n’est pas récent. On se souvient de la grève qui, en mai
2000, avait touché l’ensemble des personnels (enseignant, administratif et technique). Les enseignants,
considérés comme des professeurs certifiés du secondaire, demandaient alors à accéder au niveau de
l’enseignement supérieur alors même que les diplômes délivrés aux étudiants (Diplôme National des Arts et
Techniques, Diplôme national supérieur d’expression plastique) leur proposaient des équivalences avec
l’enseignement supérieur. Quant au personnel technique, rémunéré sous forme de vacations, il demandait des
solutions statutaires pour sortir de la précarité. A l’issue de cette grève, qui avait duré une dizaine de jours,
Catherine Tasca et Michel Duffour avaient fini par leur donner partiellement satisfaction et un plan de
développement des écoles nationales d’art avait été défini, s’articulant autour de mesures applicables selon un
calendrier précis.

Plus récemment, SUD Culture Solidaires a été partie prenante de plusieurs mouvements. Ce fut le cas
en avril 2007, lorsque les étudiant-e-s de l’école Nationale Supérieure d’Art de Limoges– Aubusson1 ont
voté à une écrasante majorité la grève et le blocus pour exiger le départ du directeur dont le bilan était peu
glorieux : absence de cohésion sociale, harcèlement, projet d’école inadapté et organisation inadéquate ayant
affaibli l’école et son enseignement.

Ce fut encore le cas à l’École Nationale Supérieure des Arts
Décoratifs2 lorsque les enseignants ont dénoncé le comportement brutal, autoritaire et autocrate d’une
directrice dont le mode de gestion s’appuyait sur le stress, les intimidations, les brimades et les pressions
psychologiques, notamment sur les personnels dont elle voulait se débarrasser sans autre forme de procès.

En mars 2011, les élèves avaient également fait grève pour dénoncer le fossé entre l’image de l’école qu’ils se font
en y rentrant et ce qu’ils y trouvent : des enseignements fermés et verrouillés, peu de place à l’expérimentation,
un fonctionnement obscur de l’école et de ses instances, et des projets parfois très difficiles à mettre en place.

La situation n’est guère plus enviable dans certaines écoles d’art dépendant des collectivités locales. Ainsi, les
professeurs et le personnel de l’école d’art du Calaisis ont fait grève en octobre 2011 pour dénoncer l’absence
de communication et le mépris de leur directeur ainsi que l’absence d’un projet pédagogique.

SUD Culture Solidaires demande à la nouvelle ministre de la culture d’engager avec les organisations
syndicales une discussion sur la situation de l’ensemble des écoles d’art relevant de sa tutelle.

Dans l’immédiat, nous soutenons les exigences des étudiants d’Avignon :

  • passage en second cycle de tous les étudiants de L3 (licence) diplômés.
  • définition claire et précise des modalités d’admission en second cycle pour les années à venir.
  • garantie de locaux stables et en adéquation avec les besoins de l’école pour le déménagement.
  • renvoi par le Conseil d’Administration de Mr Ferrari pour tous ses manquements et ses abus dans la gestion de sa fonction.
  • nomination par le C.A. d’un nouveau directeur, sur appel à projet. Celui-ci devra être quelqu’un d’extérieur à l’ESAA et à la ville d’Avignon.
  • mise en place d’un véritable projet d’établissement élaboré en concertation juste et démocratique avec les différents acteurs de l’école.
  • réelle mise à plat du fonctionnement de l’ensemble de l’école.

Sud Culture Solidaires,
le 2 juillet 2012



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