Un printemps de révolte aux Beaux Arts d’Avignon

Un communiqué du 2 juin 2012 des étudiants de l’École d’Art d’Avignon
dimanche 3 juin 2012
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Aujourd’hui, c’est la question des conditions de passage en second cycle (master) qui nous fait réagir : des étudiants de troisième année de Licence qui ont fait une demande de passage en quatrième année ont eu la surprise d’apprendre qu’ils n’étaient pas reçus, et ce à seulement quelques jours du passage de la licence.

L’administration se cache derrière une "commission d’orientation et d’accès en second cycle" qui sanctionnerait une liste d’admis en quatrième année. Pour certains élèves, les explications qui ont suivi cette commission ont été plus dévastatrices encore que les résultats. C’est avec dédain et condescendance que plusieurs d’entre nous on été reçus alors qu’il était question d’une réorientation.

Or, nous dénonçons un nombre incroyable d’irrégularités liées à cette commission :

  • Pas de convocation, juste une liste affichée la veille.
  • Commission annoncée comme non déterminante mais finalement qui est la seule à prendre la décision.
  • En désaccord complet avec le projet de l’école qui lui même est caduc (le livret d’étudiant réglementaire 2011/2012 n’existe pas au sein l’école, une version publiée sur le site de l’école existe pour l’année 2010/2011, des versions modifiées de cette mouture semblent circulés dans l’école).
  • Annonce des résultats quelques jours avant le diplôme de second cycle.
  • Contradictions entre le discours tenu toute l’année et le résultat effectif.
  • Les modalités d’admission et les critères de sélection n’ont jamais été précisés avant la commission, qui de toutes façons ne devait être que consultative.

L’un des problèmes récurrents est que les responsables n’ont de cesse de se renvoyer la balle et de retourner leur veste. Lors de la conférence de presse organisée ce vendredi 1er juin à 10h, la commission a finalement reconnu ses torts. De plus la responsable des études en charge d’organiser cette commission a démissionné suite à ces évènements. Pendant l’entretien qui a suivi cette conférence, quelques étudiants accompagnés de deux représentants du syndicat sud éducation ont tenté de rétablir une discussion avec le directeur. Cependant, après avoir reporté les torts sur les étudiants, celui-ci a refusé toute remise en question et n’a pas pris en compte les revendications des élèves.

Il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’une bataille menée pour le bien de notre école. Les événements récents liés à la commission de passage en second cycle ne sont que la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Les discussions stériles que nous avons eu avec le directeur n’ont mené qu’à des tentatives d’intimidation à l’encontre des étudiants, menacés de ne pas valider tous leurs crédits.

De la même manière, les professeurs ont la tête sur le billot. Le directeur n’a de cesse de remettre en cause leur rôle et leurs compétences.

Finalement, l’essentiel du problème est que notre directeur confond la norme et la loi : ce n’est pas parce que la norme dans l’école est de tout traiter de façon officieuse que c’est légal. Ce non-respect des lois met les étudiants dans une situation extrêmement difficile : nous sommes soumis à la norme interne de l’administration et au bon-vouloir de Monsieur Ferrari, qui, tel un petit seigneur, pratique une politique féodaliste inacceptable. La réponse « Si vous n’êtes pas contents, vous n’avez qu’à partir », formulée par lui, n’est pas non plus tolérable dans le cadre du service public. C’est une réponse de chef d’entreprise, qui n’est pas conforme à nos attentes. Dans le service public, les étudiants sont des citoyens, non des consommateurs.

Face à cette situation, nous demandons que tous les élèves admis au diplôme puissent accéder au second cycle. De plus, les élèves réclament la démission du directeur conséquemment à ces nombreuses irrégularités. Pour finir les étudiants souhaitent à présent rencontrer Madame le maire afin de mettre au clair les enjeux de cette situation.



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