Est-ce ainsi que sont choisis les inspecteurs Généraux de l’Education Nationale ?!?

Encore un inspecteur général de plus soigneusement choisi ? - Sarkozy nomme l’ex-sénateur Demuynck inspecteur général de l’éducation nationale
lundi 10 octobre 2011
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Après avoir menacé de présenter une candidature dissidente en Seine-Saint-Denis, le sénateur UMP sortant Christian Demuynck s’était retiré de la course trois semaines avant les élections sénatoriales.

C’est une nomination qui sonne comme un renvoi d’ascenseur de l’Élysée....

Christian Demuynck, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis qui ne se représentait pas, a été nommé le mercredi 26 septembre 2011, en Conseil des ministres, inspecteur général de l’éducation nationale.

Le maire de Neuilly-Plaisance était, jusqu’à début septembre, en concurrence avec l’autre sortant UMP du département, Philippe Dallier, pour conduire la liste du parti. Afin d’éviter un clash et une éventuelle liste dissidente conduite par Christian Demuynck, Gérard Larcher et l’Élysée cherchaient une porte de sortie pour le sénateur, âgé de 64 ans.

Moins de trois semaines avant le scrutin, le 5 septembre, l’élu récalcitrant était opportunément chargé d’une mission temporaire sur Campus France, organisme s’occupant de la promotion de l’enseignement supérieur à l’étranger. Préfigurateur de ce nouvel opérateur et, à ce titre, bien placé pour en prendre la tête début 2012, Christian Demuynck avait aussitôt annoncé qu’il n’était plus candidat aux sénatoriales, laissant le champ libre à son rival, Philippe Dallier. Il fallait au moins cela pour sauver celui qui est désormais le seul sénateur UMP de Seine-Saint-Denis…

Première tentative

Mais derrière la mission confiée, se cachait une autre promesse, celle d’une nomination à un haut grade de la fonction publique, celui d’inspecteur général de l’éducation nationale. En janvier dernier déjà, une tentative d’exfiltration du Sénat avait été envisagée, puisque le nom de Christian Demuynck avait circulé pour siéger au Conseil supérieur de l’audiovisuel. Gérard Larcher, président du Sénat, avait finalement désigné le centriste Nicolas About.

Christian Demuynck connaît bien le sujet de l’éducation, dont il s’est fait une spécialité. Auteur d’un rapport sur la violence scolaire en 2004, il a fait, en juin dernier, une série de propositions au gouvernement sur le décrochage scolaire dans l’enseignement supérieur. “Professeur d’éducation physique la journée, vendeur d’assurances-vie le soir”, dans les années 1970, comme il l’écrit sur son site Internet, l’ex-sénateur s’est engagé en politique en 1977. Élu conseiller général de Seine-Saint-Denis en 1982, il est maire de Neuilly-Plaisance depuis 1983. Suppléant de Robert Pandraud, nommé ministre en 1986, il fait alors son entrée à l’Assemblée nationale. Battu aux législatives de 1988, il a été réélu en 1993, puis est devenu sénateur en 1995.

Après seize années passées au palais du Luxembourg, Christian Demuynck est officiellement, depuis le 1er octobre, jour de l’élection pour la présidence du Sénat, inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche de 1re classe.

Des inspecteurs généraux de l’éducation nationale au profil très politique

Plusieurs conseillers ministériels ou élus ont été nommés ces derniers mois, au tour extérieur, inspecteur généraux de l’éducation nationale.

Ces nominations en Conseil des ministres ont concerné notamment :

  • le 13 janvier 2011, Patrice Champion, ex-conseiller spécial de Rama Yade au ministère des Sports,
  • le 10 juin 2010, Jean-François Raynal, vice-président centriste du conseil général des Yvelines,
  • le 12 novembre 2009, l’ancien sénateur UMP de l’Eure Jean-Luc Miraux,
  • le 13 novembre 2008, Juliana Rimane, ex-députée de Guyane. Cette élue de Kourou a été la suppléante de l’ancien ministre du Tourisme de Jacques Chirac, Léon Bertrand,
  • le 7 février 2008, ce même Léon Bertrand devient lui aussi inspecteur général de l’éducation nationale,
  • le 11 décembre 2008, Pascal-Raphaël Ambrogi, ex-secrétaire général du groupe RDSE au Sénat, devenait également inspecteur général de l’éducation nationale.

Ces nominations très politiques ne concernent pas exclusivement des personnalités marquées à droite, puisqu’en 1993, François Mitterrand avait nommé Jean Germain, maire PS de Tours et sénateur d’Indre-et-Loire.



Une solution de plus pour le troisième âge des personnalités politiques et leur éventuelle dépendance : l’Inspection Générale de l’Education Nationale pourrait devenir officiellement une des maisons de retraite des politiques, non ?!


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