Pas le moindre calendrier, pas la moindre contrainte internationale dans le fumeux plan d’action de l’AIEA arrêté le 13 septembre à Vienne
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On avait dit « plus jamais ça ».
L’atome ignorant les frontières, la communauté internationale devait arrêter de croire sur parole les opérateurs et les gouvernements. Et doter enfin l’ONU d’un pouvoir contraignant de contrôle des centrales nucléaires. Pourtant, les Etats-Unis en tête, suivis de près par les français, auront tout fait pour que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), basée à Vienne, ne devienne jamais ce « gendarme du nucléaire » apparemment souhaité par la majorité des nations.
Dans les coulisses des réunions diplomatiques, ils ont littéralement vidé de sa substance un « plan d’action » voulu par l’AIEA, visant à améliorer les dispositifs de sûreté nucléaire et de gestion de crise. Soumis pour adoption cette semaine par le Conseil des gouverneurs, le texte est une coquille vide. « Ce document, c’est le plus petit dénominateur commun », déplorent certaines sources diplomatiques européennes, qui ne le jugent « pas assez volontariste », tout en saluant son existence comme un « point de départ ».
Aucun calendrier n’est arrêté pour sa mise en application et l’administration Obama est pointée du doigt par ses partenaires occidentaux, alors que la vaste région du Tohoku, dans le nord-est du Japon, ravagée, se recueille en hommage aux 20 000 morts et disparus de la catastrophe naturelle, sous la menace des pollutions radioactives.
Les Etats-Unis se seraient farouchement opposés à toute idée de contrôles supranationaux et de création de centres internationaux de gestion de crise, permettant à des pays comme la Chine de militer à leur tour pour un maintien du statu quo, et donc de l’opacité.
Leçons pas retenues
« Les Américains restent malheureusement jaloux de leur souveraineté », rappelle-t-on à Vienne, où l’on est las des vieux réflexes nationaux et où l’on craint que les leçons de Fukushima n’aient pas été retenues. « La feuille de route est très en deçà des attentes des riverains des centrales, qui ne croient plus les beaux discours rassurants des autorités », juge un expert, pour qui le pire accident nucléaire depuis vingt-cinq ans appelait à un sursaut des grandes puissances.
A l’origine, Yukiya Amano, le directeur japonais de l’AIEA, souhaitait pourtant inspecter une quarantaine de sites en trois ans, choisis au hasard dans le monde, et rendre publics les résultats. Il a dû faire marche arrière. Dans son plan d’action, certes très détaillé, figurent des propositions d’amélioration soumises au feu vert des Etats, simplement « invités » par l’agence à plus de coopération. Du coup, la Suisse et l’Allemagne, qui, comme l’Italie, ont révisé unilatéralement leur politique énergétique, paraissent très isolées.
