il y a 10 ans déjà, au GRETA Vaucluse Nord !...

Un témoignage de plus, accablant, sur les pratiques de cet organisme de l’Education Nationale plus particulièrement chargé de formation continue.
lundi 4 avril 2011
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Début 2001, j’effectuais un service de quelques heures hebdomadaires de Français Langue Étrangère au Centre Universitaire d’Études Françaises d’Avignon ; ayant postulé pour compléter un service réduit au remplacement à temps partiel d’une collègue enceinte, je fus recrutée par Marion Crole, CFC (Conseillère en Formation Continue), pour dispenser des formations linguistiques de base.

Madame Crole n’hésita pas à me demander de passer le matin par Carpentras, pour prendre des manuels pédagogiques avant d’aller travailler à Bollène, alors que je résidait à Avignon. J’ai refusé, en parlant du temps perdu et du coût des trajets supplémentaires.J’avais demandé si je pourrais disposer d’un lecteur VHS et d’un téléviseur pour travailler avec un film, en direction de personnes de plusieurs niveaux de français : c’était d’accord, j’ai donc préparé des cours à plusieurs niveaux avec ce film.

Pour mon premier jour de travail, il faisait aux environs de 0°C, j’ai longtemps attendu dehors avec les stagiaires devant le local dans lequel devait se dérouler la formation ; un collègue chargé d’un autre groupe nous a ouvert les locaux au bout d’une bonne demi-heure . A l’heure de midi le collègue était parti, il m’avait oubliée, je n’avais aucune clef pour fermer le local et éviter que les affaires des stagiaires risquent d’être dérobées. J’ai donc attendu durant 2 heures, à jeun et dans le froid.
Ni téléviseur ni magnétoscope le premier matin dans le local de formation : surtout des prises électriques « caramélisées », un local comme je n’en ai jamais vu en 30 ans d’exercice comme lieu de formation.

C’était, dans une rue derrière et au dessus de la mairie de Bollène, un magasin de vêtements désaffecté, avec une façade vitrée sur tout l’immeuble ; au rez-de-chaussée, des slogans publicitaires pour l’Education Nationale et le GRETA, « avec l’Education Nationale, avec le GRETA, un avenir, un métier » ... et un panneau « SOURIEZ VOUS ÊTES FILME » ; aux murs des tapisseries défraîchies.

Un escalier en colimaçon pour accéder aux étages, dont le sol ne rejoignait la façade vitrée ni au 1er ni au 2nd, si bien que le bruit des voix du groupe du premier, qui travaillait la communication et l’expression orales, montait, couvrant les nôtres ; là encore des murs aux tapisseries en lambeaux, des tentures de toile de jute sales en guise de portes, voletant au mistral ; aucun poste d’eau hormis la chasse d’eau des toilettes, elles-mêmes vétustes et sans verrou opérationnel ni papier hygiénique (je suis allée en chercher au centre Georges Brassens à l’autre bout de Bollène) ; au 3è étage, un grenier avec des fenêtres aux carreaux cassés, partout un chauffage défectueux ou inefficace, dans les salles de cours il faisait 15°, je l’ai mesuré lors d’une pause.

J’ai fait cours tant bien que mal le premier matin, – en découvrant qu’il fallait aussi faire faire des maths de 4e à une personne, en même temps et en plus de ce dont j’étais prévenue, qu’il fallait enseigner lecture et écriture à un monsieur français illettré, enseigner le français et alphabétiser trois jeunes marocaines jamais scolarisées, faire progresser en français trois jeunes marocains scolarisés et alphabétisés...

Un collègue m’a apporté les clefs, un magnétoscope et un gros téléviseur pour 14h ; pour que je m’en serve, la condition imposée était que je les monte au 2è étage par cet escalier en colimaçon et que je les en redescende à la fin de la journée, pour les rapporter je ne sais plus où, en demandant à un jeune de le faire si c’était trop lourd pour moi... Il m’a dit que des travaux allaient être faits, il ne savait pas quand ... ajoutant que ce n’était pas mieux dans le centre de formation voisin de la MSA, comme si cela faisait avancer les choses …

Vu l’état des prises électriques, vu l’impossibilité de faire l’obscurité, et vu l’escalier, j’ai préféré décider de m’en passer. Tous mes cours étaient donc à refaire.

Marion Crole m’ayant annoncé qu’elle partait en congés, sachant que le GRETA disposait à Bollène d’un autre centre de formation - le centre Georges Brassens - j’ai tenté le lendemain d’y emprunter un dictionnaire : même en laissant ma carte d’identité en gage, il n’y eu rien à faire, je devais aller à Carpentras chercher ce dont j’avais besoin.Etant donné l’absence de Mme Crole, j’ai tenté en vain de contacter le proviseur du Lycée Henri Fabre, établissement de référence, pour savoir que faire pour le chauffage : il était également absent .J’ai même obtenu un jour l’hospitalité pour le groupe pour un après midi à titre gracieux dans un café, mais vu l’hésitation des jeunes filles, je n’ai pas répondu à l’invitation , sachant que peut-être elles pourraient y croiser leurs pères ou les collègues de ceux-ci – et suite à ça, décrocher de la formation.

Inquiète de tant de difficultés matérielles, j’ai pris contact avec la mairie pour savoir quelle commission de sécurité avait donné son autorisation d’ouverture de ce local au public : le service tombait des nues, n’ayant pas été informé de l’ouverture de cette antenne du GRETA. En revanche, on m’a expliqué que le local avait été squatté plusieurs mois l’été précédent par un groupe de jeunes d’une radio... Un jour j’ai mesuré la température avec un thermomètre prêté par un commerçant et pris des photos avec un appareil jetable lors d’une pause et pendant un cours, avec un prétexte pédagogique. C’était entre les deux tours des municipales et je me suis demandé pour qui pouvait peut-être rouler le GRETA et quel soutien il était possible d’espérer...

Deux semaines plus tard, j’ai rappelé Marion Crole de retour de vacances pour lui demander que faire pour le chauffage et dans combien de temps le local serait mis aux normes. Elle n’avait pas à me répondre, m’a-t-elle dit ; je lui ai demandé quelle commission de sécurité avait donné son autorisation d’ouverture au public, le ton est monté, elle m’a dit « Donc vous arrêtez ! »

J’ai protesté ; j’ai été sommée de rapporter les clés à Carpentras, sommation confirmée par lettre recommandée avec A.R. dès le lendemain.

La CFDT m’a totalement déconseillé d’aller au Tribunal Administratif, suite aux déboires traversés par une de leurs adhérentes, licenciée par le même GRETA, l’ayant attaqué, ayant vu suspendus tous ses droits aux indemnités ASSEDIC durant une procédure interminable, durant laquelle elle ne pouvait non plus postuler nulle part, si je me souviens bien.

J’ai écrit au proviseur du Lycée Fabre, en demandant un rendez-vous pour lui monter les photos, et au Rectorat, en envoyant les tirages photos.Lors d’une visite à l’Inspection du Travail, voyant l’affiche « Si vous subissez ou êtes témoin de discrimination raciale, téléphonez ... »j’ai noté le numéro, l’ai appelé, ai été convoquée à la Préfecture où j’ai raconté l’histoire, qui à mon sens constituait une discrimination sociale flagrante en montrant les photos...

Une double enquête a été diligentée, l’une par l’Inspection Académique – par laquelle j’avais fait restituer les clefs pour ne pas devoir aller à Carpentras, l’autre par l’Inspection du Travail.

J’ai contacté le Fonds d’Action Sociale qui finançait des organismes comme le GRETA – où je connaissais quelqu’un - et leur ai raconté l’affaire. Ils m’ont remerciée, ont dit qu’ils allaient vérifier mes dires et envisager de suspendre leurs subventions au GRETA.

Nouvelle convocation en Préfecture au bout de quelque temps : on m’a lu les résultats des enquêtes.

  • Sans aller voir les locaux, l’Inspection Académique faisait état de mon manque de souplesse de caractérielle qui faisait fuir les stagiaires, me menaçant de poursuites pour attaques diffamatoires.
  • L’inspection du Travail concluait que même après travaux et aménagements en aucun cas ce local ne pourrait être de nature à accueillir un centre de formation mais qu’il ne s’agissait pas de discrimination raciale. La personne du service de la Préfecture, revue depuis et qui se souvient parfaitement de l’histoire, m’a dit qu’elle devait m’aider à retrouver du travail ; elle m’a fait recevoir par quelqu’un mais cela n’a rien donné.

Des années plus tard, postulant comme prof de français au GRETA de Carpentras, j’ai reçu une lettre cinglante de Marion Crole parlant de mon incompétence notoire dont elle avait fait les frais.

Une conseillère de Pôle Emploi m’a conseillé de laisser tomber, ce que j’ai fait.



Basé au Lycée J.H. Fabre de Carpentras, dirigé par le proviseur en exercice Jean-Louis Martino, , « le GRETA Vaucluse Nord est composé de 18 établissements (11 collèges, 3 lycées et 4 lycées professionnels), il exerce sa mission … de formation continue sur les communes de Carpentras, Orange, Bollène, Valréas. Le GRETA propose des … formations qualifiantes pour de nombreux métiers des secteurs industriel et tertiaire.

Enfin il dispose de deux centres de bilan et d’orientation professionnelle qui réalisent bilans de compétences, évaluation des connaissances et des compétences, orientation professionnelle, découverte des métiers et de l’environnement économique et professionnel. » …

Présentation du GRETA Vaucluse Nord telle qu’elle figure en ligne sur son site internet.


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