LA CASSE DU SERVICE PUBLIC D’EDUCATION NATIONALE CONTINUE !!!

jeudi 27 janvier 2011
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La mastérisation

Une étude réalisée par l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) et publiée dans Le Monde ce mercredi 19 janvier,
indique que depuis 4 ans, il y a une baisse du nombre d’étudiants issus des classes populaires dan s l’enseignement
supérieur. Un constat plus marqué encore dans les filières sélectives.

Ainsi, la part des étudiants issus de classes populaires est passée de 35% en 2006 à 31% en 2010. Quant à la part des
étudiants issus de classes favorisées, elle a augmenté, passant de 32 à 36%. Il est donc très clair que la sélection
sociale dans l’éducation nationale s’est accentuée ces dernières années.

En 2008-2009, seulement 15,2% des étudiants de licence étaient d’un milieu d’employés et 11,9% d’un milieu
ouvrier. Au niveau master, les chiffres tombent à 10,5% pour les enfants d’employés et à 7,4% pour les enfants
d’ouvriers... En revanche, en licence, 29,1% des étudiants sont des enfants de professions libérales et cadres
supérieurs et cette proportion passe même à 35,7% pour le niveau master !

Qui veut-on recruter comme professeur ? Des personnes issues uniquement de classes sociales privilégiées, que l’on
nommera dans des établissements réputés « difficiles » au milieu d’une population dont ils sont certainement les
moins bien placés pour comprendre les difficultés ?

Ou veut-on recruter de moins en moins de professeurs, et proposer à ceux qui, un master en poche, auront échoué
aux concours, un contrat précaire, à cheval sur 2 ou 3 établissements, avec un éventuel renouvellement s’ils agissent
en « bons fonctionnaires » ?

Il faut demander l’abrogation du décret de mastérisation !

Les stagiaires :

La réalité que vivent les stagiaires depuis la rentrée montre que la réforme qu’ils subissent est catastrophique pour
l’avenir de nos métiers et du système éducatif : temps complet d’enseignement, formation notoirement insuffisante
s’ajoutant au temps de service et restreinte à un compagnonnage... Les stagiaires sont placés dans une situation
intenable qui ne les prépare pas à un métier exigeant et complexe pour lequel il faut une véritable formation
professionnelle. Soumis à de fortes pressions, certains sont amenés à prendre un congé maladie, voire
démissionnent.
Il faut demander d’urgence le rétablissement des emplois de stagiaires supprimés, le retour à une véritable
année de stage permettant une alternance entre théorie et pratique et une véritable formation
professionnelle !

Les 10 compétences du maître

Le contenu de ces 10 compétences laisse la porte ouverte à de multiples dérives. Au-delà de quelques principes très
généraux, c’est aussi la conformité et l’adhésion à la politique actuelle qui sont exigées de la part des candidats. Les
futurs candidats seront supposés faire la preuve de leur « bonne moralité », au cours d’un entretien d’une vingtaine
de minutes avec le jury (« exposé du candidat dix minutes à partir d’un document fourni par le jury et entretien avec
le jury de dix minutes »).Cette épreuve qui occupe en apparence une place mineure (par exemple 6 points sur 20
dans l’épreuve d’oral du Capes/JO du 6 janvier 2010) est en fait éliminatoire en cas de zéro. Cette disposition nous
paraît donc des plus dangereuses car elle suggère une volonté de contrôle des consciences, étrangère à la tradition
de l’École républicaine depuis la Seconde Guerre mondiale
. Elle préfigure d’ un tri idéologique des enseignants.
Les concours de recrutement ne devraient évaluer que les compétences disciplinaires et les aptitudes pédagogiques
des candidats.
Demandons au ministre de l’Éducation Nationale que l’évaluation de la compétence « Agir en
fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable » soit retirée au plus vite de l’ensemble des concours
de recrutement de l’Éducation Nationale, pour lesquels elle est aujourd’hui programmée
.


Les établissements CLAIR

Depuis la rentrée 2010, dans 10 académies, 105 collèges et lycées parmi ceux « concentrant le plus de difficultés en
matière de climat scolaire et de violence » expérimentent le dispositif CLAIR (Collèges et Lycées pour l’Ambition,
l’Innovation et la Réussite).

La circulaire parue au Bulletin officiel du 22 juillet 2010 confirme ce que les premières déclarations de Luc Chatel
laissaient craindre : le dispositif CLAIR est un protocole d’expérimentation de nouveaux modes de gestion des
personnels et des « usagers » qui annonce la suppression de l’éducation prioritaire ou du moins des moyens qui lui
étaient attribués, et amorce un glissement ; on cesse d’essayer de résoudre partout le problème général de l’échec
scolaire et on concentre de pauvres moyens pour maintenir la paix sociale dans quelques secteurs.
L’axe sécuritaire est déjà en place avec l’abandon du traitement éducatif de l’échec scolaire et le recours
systématique à la police et aux équipes mobiles de sécurité. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le dispositif
CLAIR. De plus, il est désormais question « d’externalisation des sanctions » : les élèves difficiles seront pris en
charge par des structures associatives qui ne dispensent aucun enseignement. Il est donc prévu que l’Etat ne respecte
même plus son devoir élémentaire d’une instruction obligatoire jusqu’à 16 ans.

A cela s’ajoute le renforcement de la hiérarchie,le profilage des postes, la mise en concurrence des établissements. . .

Alors qu’on vient d’apprendre que le gouvernement veut généraliser ce dispositif CLAIR aux écoles primaires dans
les zones concernées
Le dispositif CLAIR doit être abrogé : il préfigure un avenir bien sombre pour le service public d’éducation.

Les primes des chefs

Après les primes au mérite des recteurs d’académie (liées notamment aux suppressions de postes en fonction des
objectifs du ministre de ne pas remplacer un fonctionnaire sur 2 ) les primes des chefs d’établissement ! Pour qu’ils
acceptent de participer aux suppressions de postes, au recrutement massif de personnels précaires, à la disparition
des accueils d’enfants en maternelles … ?

Casse des diplômes, place aux compétences

L’analyse des projets, applications et autres réformes qui touchent les lycées professionnels (LP), mais aussi les
autres niveaux d’enseignement doit se faire en prenant en compte leur dimension sociale et politique. L’ensemble des
structures scolaires en lien avec le monde du travail sont visées.

La logique dans laquelle se placent les dirigeants est simple : "l’éducation doit donner aux jeunes les moyens de
s’insérer dans notre société". Le "partenariat" école/entreprise est donc la solution !

Le chômage dans ces conditions serait le fait du seul système éducatif (ou de l’individu, au choix !), qui ne serait pas
assez adapté aux attentes du patronat.

La disparition des filières BEP au profit des bac pro : des conventions collectives signées par le patronat et les
syndicats donnaient un cadre d’embauche et de rémunération aux diplômés de BEP, ce qui n’est pas le cas pour les
bacs pro par exemple !

Le contrat de travail doit désormais se baser sur l’individu, et les conventions collectives, arrachées souvent après
des années de luttes, sont bonnes à finir dans les musées.

Le diplôme dans ces conditions devient inutile. La compétence, à elle seule, devient la base des contrats
d’embauche. Mais pas de conventions collectives = Le patronat embauche dans les conditions qu’il décide...

Toutes ces réformes ont pour objectif la « libéralisation » à outrance de notre système éducatif, de le soumettre aux
intérêts privés et ce, au plus grand mépris des besoins de la population.

Il est urgent d’agir pour mettre fin à cette casse du service public.

Un document à copier, télécharger, afficher sans modération aucune dans toutes écoles et dans tous établissements scolaires et universitaires ....



Documents joints

La casse du Service Public d'Education (...)
La casse du Service Public d'Education (...)

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