Galère d’une enseignante dans le privé

jeudi 6 mai 2010
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ETONNANTS ou HABITUELS ECUEILS ?

Peut-être est-il utile de faire connaître aux adhérents de Sud Education, de Solidaires, et au-delà, aux enseignants en général, et aux autres,
la réalité sociale d’un domaine mitoyen de l’Éducation Nationale, voire existant en son sein, c’est à dire ce qui arrive à des formateurs à égalité de formation avec vous, collègues enseignants, excepté le CAPES / CAPET – et qui arrive parfois à des apprenants en formation, notamment de FLE (Français Langue Étrangère, matière d’enseignement destinée aux étrangers).

Le récit de mes expériences successives peut être utile en tant que mise en garde, encouragement des plus jeunes à ouvrir l’œil et l’oreille pour ne pas laisser passer des agissements inadmissibles : alors elles n’auront pas été vaines.

Sur quelques années, j’ai eu comme contextes de travail pour des CDD :

  • l’Enseignement Privé en contrat avec le Rectorat,
  • le GRETA,
  • deux centres de formation d’organismes consulaires, Chambre de commerce, Chambre de Métiers, - un Centre de Formation d’Apprentis (du Bâtiment),
  • des centres de formation privés, SA ou associatifs.

1. L’enseignement privé :
Première surprise, le dépôt du dossier de candidature à des remplacements coûte 30 €.
Autre surprise, on n’y est pas rémunéré au même taux que pour un remplacement dans l’Enseignement Public, mais environ 30% de moins ; comme on ne l’imagine pas, puisqu’on sait qu’on va être payé par le Rectorat, on ne pose pas la question lorsqu’on postule – on est recruté, on signe un contrat sur lequel la rémunération ne figure pas, et on ne le découvre qu’en recevant son premier bulletin de salaire et à condition de savoir le lire.
Interrogée par téléphone, la responsable des candidatures dans l’Enseignement Diocésain, m’a affirmé ne pas l’avoir su, ajoutant : « Si je le savais et que je le disais, je ne trouverais plus de remplaçants », autrement dit, c’est du mensonge par omission. Elle a ajouté que cela avait dû quand même me remonter le moral de retravailler, j’ai répondu que je travaillais quand même un peu pour gagner ma vie...
Pas plus que dans le public, aucun frais de déplacement n’est remboursé, , alors que c’est soit la Direction Diocésaine, soit le Rectorat, qui vous envoie remplacer un prof quelque part, pas vous qui le décidez. Seule solution : refuser, mais encore faut-il avoir pensé à le demander pour le savoir.
Résultat en ce qui me concerne : en 8 semaines de remplacement, 2 sur Avignon et 6 à Valréas, par rapport aux 2 x 1 000€ mensuels d’indemnités ASSEDIC que j’aurais perçues en restant chez moi sans frais de déplacement, une perte de 800 € - en travaillant ! Et en me faisant héberger chez des cousins le plus près que j’ai pu à St Paul Trois Châteaux pour n’avoir qu’un aller-retour le week-end ! Les indemnités de congés payés, supérieures parait-il à celles du public, ne compensent rien puisqu’elles génèrent des indemnités ASSEDIC d’autant moindres.

Mes courriers au chef d’établissement, au Directeur Diocésain, au Recteur d’Académie, m’ont permis certes d’être exonérée par l’établissement de frais de cantine pour la dernière période et de recevoir un courrier du Directeur Diocésain concluant qu’il espérait que, malgré les problèmes financiers, je ne gardais quand même pas un trop mauvais souvenir de l’expérience...

Enfin, à ma stupéfaction, par décision du chef d’établissement, mes cours comme ceux de collègues ont été parfois remplacés par des ‘rencontres’ avec des ’témoins’ et autres missionnaires catholiques, notamment venus du Brésil, auxquelles on m’a demandé d’accompagner mes élèves, sans remplacement de mes enseignements....
2. Le GRETA de Carpentras :
m’a recrutée en février 2001 pour dispenser une Formation Linguistique de Base, à Bollène.
Cela représentait trois niveaux d’enseignement différents dans les mêmes séquences horaires :

  • le Français Langue Étrangère à 3 jeunes garçons marocains, d’un niveau de français intermédiaire, sachant lire et écrire dans notre langue ;
  • le Français Langue Étrangère à 3 jeunes filles marocaines débutantes en français, ainsi que la lecture et l’écriture, autrement dit de l’alphabétisation
  • de la remédiation à l’illettrisme avec un adulte français forain pratiquement jamais scolarisé, et j’ai découvert aussi qu’il fallait faire faire un peu de mathématiques à une dame française, ce dont je n’étais pas informée. Partant d’Avignon, avant d’aller faire cours à Bollène, je devais aller chercher les manuels pédagogiques nécessaires au siège de Carpentras, (soit environ 40 km supplémentaires), ce que j’ai refusé de faire. .

La formation se déroulait dans un ancien magasin de vêtements de trois étages, situé derrière la mairie de Bollène, squatté l’été précédent par une radio-pirate, m’a-t-on dit, ni repeint ni retapissé ni insonorisé ni aménagé au minimum au delà de tables, chaises et paper-board. Dans le hall d’entrée- rez-de chaussée, partout des affiches vantaient tout ce que permettaient Education Nationale et GRETA, formations, succès, métier, avenir, voisinant avec d‘autres ‘Souriez, vous êtes filmés’...
Dehors il faisait 0° ; des vitres cassées au grenier et l’immense vitrine de 3 étages rendaient pratiquement vain un chauffage par ailleurs peu performant - des tentures de toile de jute faisant fonction de portes entre escalier à vis et salles de cours à chaque étage, il y faisait au mieux 15° selon le thermomètre que j’ai emprunté un jour pendant la pause de midi à un commerçant.
J’étais installée au 2e étage ; le bruit du groupe du 1er, en formation à la communication orale m’empêchait d’entendre la voix des jeunes filles marocaines, certes très timides.
Aucun point d’eau – sinon la chasse d’eau des toilettes, quant à elles dépourvues de lunette ; leur porte fermait difficilement, leur fenestron était vétuste et sale ; j’ai dû le premier jour aller chercher un rouleau de papier toilette à l’annexe du GRETA à l’autre bout de Bollène à la pause .

J’avais demandé à travailler avec la vidéo – on m’avait dit que ce serait possible dès le matin du premier jour - en fait je ne pouvais disposer du matériel que l’après-midi et il fallait que par la suite j’aille chercher téléviseur et magnétoscope à l’annexe, et que je les porte au second étage accessible seulement par l’escalier à vis en colimaçon... Quand j’ai dit que je ne me sentais pas de le faire, le collègue qui m’avait apporté le matériel m’a dit de le faire faire par un des stagiaires - tout aussi susceptible que moi de tomber, ce que j’ai fait remarquer ; et au premier coup d’œil il m’est apparu que toutes les prises électriques étant ’caramélisées’, je devais prévoir une tout autre manière de travailler. A cette même annexe, même en laissant mon portefeuille en caution, je n’ai pu emprunter seulement un dictionnaire - puisque je ne voulais pas aller chercher ‘mon matériel’ à Carpentras, la consigne était rigoureuse.

Tentant dès le début d’avoir des explications sur l’état des locaux, j’ai cherché en vain un interlocuteur téléphonique ; la responsable qui m’avait recrutée comme le proviseur du lycée de référence étaient en vacances de février.…
J’ai donc appelé la mairie de Bollène pour savoir dans quelles conditions ce local avait pu être autorisé à servir de centre de formation... Stupeur des services municipaux qui n’étaient au courant de rien... Aucune commission de sécurité n’y avait mis les pieds...
Aussi un jour à la pause ai-je acheté un appareil photo jetable et fait des clichés...
Sans attendre la fin des vacances j’ai écrit au proviseur du lycée de référence ; pas de réponse.
Dès son retour, j’ai repris contact par téléphone : il m’a dit qu’il se référait en tout à la responsable du GRETA. J’ ai appelé celle-ci pour avoir des explications, savoir si des travaux étaient prévus etc. Après qu’elle m’a dit ne pas avoir à me répondre, l’entretien s’est conclu très vite par un : « Donc vous arrêtez. Vous me renvoyez les clefs ». Dès le lendemain, je recevais un courrier avec AR me signifiant la fin de mon contrat.
Je me suis alors rendue à l’Inspection du Travail, y ai expliqué l’affaire, et voyant dans la salle d’attente l’affiche : « Si vous êtes victime ou témoin de discrimination, composez ce n° vert, » je l’ai fait. Convoquée quelques jours plus tard en Préfecture d’Avignon, interrogée assez en détail, j’ai expliqué que, les autres centres du GRETA que je connais, sur Avignon, Bollène, Carpentras, n’ayant rien à voir en effet avec celui-là, « réservé » à des pauvres dans l’incapacité de se défendre, à mon avis il s’agissait de discrimination sociale, leurs formateurs, s’interdisant toute réaction du fait de leur statut précaire. Quelque temps après, une seconde convocation à la Préfecture m’a permis d’apprendre que deux enquêtes avaient été diligentées : le rapport de la première, menée par l’Inspection Académique et le Rectorat, ne parlait pas des locaux, mais répétait les dires de la responsable du GRETA... J’ai pu en lire les conclusions, il paraît que c’est exceptionnel... J’étais décrite comme oppositionnelle, incompétente, caractérielle, faisant fuir les apprenants, etc...
L’autre enquête, menée par la Direction Départementale du Travail, concluait qu’en aucun cas, même après travaux, ces locaux ne seraient aptes à héberger un centre de formation, mais qu’on ne pouvait parler pour autant de discrimination raciale...

Je me souviens avoir de nouveau postulé à ce même GRETA de Carpentras des années plus tard, pour un poste de formatrice de français, voyant sur l’offre que c’était un monsieur qui recrutait... Las ! J’ai reçu en réponse un courrier que j’ai ressenti comme assassin de la même personne... ma conseillère ANPE m’a convaincue de ne pas y réagir...

3. L’université d’Avignon

J’ai eu un contrat trimestriel de vacation reconduit trois fois au C.U.E.F.A. (Centre Universitaire d’Etudes Françaises d’Avignon) à l’université d’Avignon.
L’automne suivant, une collègue s’est étonnée auprès de moi de mon absence à la réunion de rentrée, ce fut le seul indice me faisant comprendre que ne pas y avoir été conviée signifiait sa non reconduction.
Plusieurs mois après, en rangeant et vérifiant des documents, j’ai découvert qu’une période travaillée ne m’avait pas été payée... Appel immédiat à la responsable qui m’affirma que cela ne se pouvait pas..., et qui dut bien convenir finalement de son oubli... J’ai eu un mot d’excuses sans plus. Et après une intervention de 3 heures que j’avais faite en Culture et Communication, il m’a fallu trois à six mois de démarches pour être payée...

4. Les centres de formation privés :

  • Centre privé associatif d’Avignon : J’ai enseigné le Français Langue Etrangère 11 ans de suite dans un centre privé associatif avignonnais, comprenant de trois à dix enseignants, un factotum, une comptable à temps partiel, un directeur et sa femme (de ce fait directrice...).
  • Les nouvelles enseignantes travaillaient sans contrat pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois... Les premiers temps, on me disait le vendredi à 14h que je pouvais revenir le lundi suivant... Puis, devenant peu à peu une ‘ancienne’, un jour j’ai eu un contrat...
  • Il fallait surtout supporter le harcèlement permanent exercé sur le personnel par le directeur, puis également par sa nouvelle femme, une ancienne collègue à nous... des cris, des menaces, des pressions juste avant le début des cours, des intrusions lors de ceux-ci, des allégations comme « Vous masquez votre incompétence professionnelle par les manipulations affectives que vous exercez sur vos étudiants... Ils tombent dans le panneau, vous aiment et l’écrivent dans leurs fiches d’évaluation de fin de stage »... Un étudiant avait quand même écrit dans la sienne ‘L’école est très bien malgré le directeur’ ! Elle disparut bien sûr...
  • Une dizaine de collègues peuvent en témoigner, nous avons vécu des scènes étonnantes : une des membres du Bureau s’était fait payer généreusement pour adapter à la situation propre de l’école la Convention Collective des Centres de Formation élargie ; nous avons découvert dans cette « adaptation » des erreurs grossières ( heures de 100 minutes, mois systématiquement de 28 jours, etc.) Une collègue a été accusée de tentative de vol par la femme du comptable, moi-même me suis un jour fait jeter à la figure des pièces de monnaie en paiement de photocopies de documents venant de la médiathèque Ceccano. Entre autres vexations, je me suis fait reprocher d’user trop de craies - du coup, les étudiants m’en offraient des boîtes !
  • Il nous est arrivé d’être payés avec un, voire deux mois de retard, voire plus tant la trésorerie et la gestion étaient insuffisantes... Le directeur se vantait de ses contacts privilégiés avec le P.S. notamment, de dettes importantes de l’école aux impôts effacées par certain ministre du moment ; il a d’ailleurs maintenu, à ses dires, ces excellents contacts avec la majorité suivante.
  • Lorsque la liquidation judiciaire a fini par être prononcée, les trois salariées les plus âgées, celles de plus de 50 ans, ont été les premières licenciées, j’en faisais partie ;
  • Sachant que les salariés devaient avoir un délégué pour les représenter auprès du liquidateur, le directeur a tenté de se présenter et d’empêcher toute autre candidature. Mais à l’Inspection du Travail, on m’a remis des documents expliquant qu’en aucun cas le directeur ni quelqu’un de sa famille ne pouvait représenter les salariés dans ces circonstances - sauf absence d’autre candidat – I était même précisé que ni le directeur ni ses proches ne devaient prendre part au vote... Il m’a donc fallu empêcher le directeur et sa femme de voter, en expliquant, textes en mains, que le Code du Travail l’interdisait, et nous avons élu une collègue pour nous représenter...
  • Ecole de FLE de Montpellier : J’y ai été recrutée d’août à octobre 2001, puis de nouveau en décembre, puis de nouveau au printemps et à l’été 2002 jusqu’à l’automne, puis pour les mois d’été 2003 et 2004.
  • La rémunération était correcte comparée à d’autres, mais nous n’avions aucun temps de préparation pris en compte et travaillions les jours fériés (14 juillet et 15 août) au même tarif que d’habitude, ce qui contrevenait à la convention collective.
  • Au début de l’été 2004, des tensions très vives sont apparues entre la direction (deux directeurs) et l’équipe des professeurs à propos d’un nouveau mode de rémunération : on avait fait accepter à mes collègues de travailler au cours de l’hiver et du printemps pour un salaire inférieur de moitié, en échange de deux promesses : priorité pour les embauches d’été à celles qui accepteraient et CDI ; or les embauches pour les cours d’été étaient indispensables bien au-delà des personnes prioritaires et fin juin aucune perspective de CDI n’était plus d’actualité.
  • Il a été proposé à toute l’équipe de maintenir cette rémunération horaire divisée par deux et de doubler le nombre des heures de face à face effectuées, au prétexte que c’était le souhait des collègues pour toucher des indemnités ASSEDIC supérieures entre deux périodes travaillées parce que prenant en compte davantage d’heures effectuées. Dans le discours de la direction, le temps de préparation était nécessairement inclus dans le nombre d’heures doublé.
  • J’ai refusé de signer ce contrat, précisant qu’il s’agissait d’un faux, expliquant que l’amplitude horaire journalière fictive empêchait toute couverture d’éventuels accidents de trajets et rappelant que la revendication des collègues portait en réalité sur la prise en compte du temps de préparation dans la rémunération et sa mention sur les bulletins de paie,
  • Le 13 juillet, l’ensemble des professeurs a exigé et obtenu du directeur pédagogique l’application de la convention collective des organismes de formation sur la rémunération double des jours fériés travaillés en prévision des cours du 14 juillet.
  • A la fin du mois, une collègue et moi avions rendez-vous pour nous faire remettre nos chèques de salaire par le directeur administratif, et il nous a enjoint de signer nos contrats, faute de quoi nous ne les aurions pas. J’ai persisté dans mon refus, lui signifiant qu’il n’avait pas le droit d’agir ainsi. Il a violemment attaqué ma collègue, alléguant qu’elle faisait régner une mauvaise ambiance dans l’équipe des professeurs. Je me suis inscrite en faux contre ces allégations, et finalement j’ai eu mon chèque, sans avoir rien signé. J’ai appris par la suite qu’elle avait finalement cédé aux pressions et signé son contrat.
  • Pour le mois d’août ; on m’a fait, à moi seule, un contrat ‘ancienne formule’. Dans une ambiance très tendue, j’ai tenté de dialoguer avec l’un et l’autre des directeurs, fait des calculs pour démontrer nos droits... en vain. Une collègue a su alors qu’elle avait réussi au CAPES, donc, étant assurée d’avoir du travail, et ne devant plus jamais avoir à faire avec ces directeurs, elle leur a réclamé son dû par un courrier avec AR : un certain nombre d’heures de préparation de cours, le paiement double des jours fériés travaillés, des congés payés et indemnités de précarité complémentaires correspondants depuis toutes les années travaillées. Invitée en réponse à un entretien, elle a refusé de s’y rendre, expliquant qu’elle avait discuté tout l’été en vain, et a engagé une action au Tribunal des Prudhommes, suivie de sept autres collègues, tous ayant pris le même avocat, puis de moi-même, quand au bout d’un an la CFDT m’a assurée de son soutien.
  • Le jugement, mis en délibéré pour le 27 janvier 2010, a été rendu le 12 mars dernier. D’après ma conversation téléphonique avec notre avocat, nous avons perdu sur l’essentiel : le paiement des heures de préparation de cours. La procédure a duré plus de cinq ans, notamment à cause d’une procédure d’appel irrecevable et d’une expertise demandée par le Tribunal, elle-même très longue à réaliser ; ce rallongement et cette complexification de procédure nous ont coûté très cher en frais d’avocat – au total environ 2200 € par personne, avec des factures en retard de 500 € environ pour chacun.
  • Association de Tarascon

Après un remplacement de tutrice pédagogique de médiateurs scolaires en arrêt maternité, un CDD d’un an m’a été proposé en novembre 2005 sur le même poste par une association de Tarascon, mais le directeur a totalement oublié de prévoir le budget pour la prolongation de ce contrat sur décembre (jusqu’à la fin de l’exercice comptable). J’ai donc été pratiquement chômeuse un mois, presque sans indemnité ASSEDIC. On m’a fait effectuer un nombre d’heures de formation dérisoire, et promis de me reprendre début janvier, ce qui fut fait.

La liste de mes mésaventures en FLE pourrait s’allonger encore : un appel à candidature pour un travail non rémunéré, un entretien d’embauche à Marseille dans une association proposant 10 € brut de l’heure de cours, congés payés inclus avec quatre trajets hebdomadaires Avignon Marseille (200 km aller-retour). Il serait fort éclairant que les collègues de FLE fassent part de leurs propres déboires !

  • Quant aux difficultés que j’ai rencontrées fin 2009-début 2010 dans le cadre d’un contrat de travail avec la CCI d’Arles, amenant à la rupture de celui-ci, elles ont été qualifiées d’ entorses au Code du travail par l’Inspection du Travail des Bouches du Rhône Petit résumé des faits : Après un entretien d’embauche le 14 Septembre dernier avec Mme Vézinet, responsable du CFC de Châteaurenard relevant de la CCI d’Arles, j’étais embauchée pour un travail de quelques heures de formation en français histoire géographie avec des personnes préparant un CAP d’ébénisterie pour le début de 2010. Après une réunion préparatoire avec l’équipe de collègues, dont je n’ai su qu’après coup qu’elle n’était ni rémunérée ni obligatoire, contrairement aux pratiques de la Chambre de Métiers d’Avignon dont j’ai l’expérience, le 12 octobre 2009, le second trajet Avignon-Châteaurenard effectué et les deux premières heures travaillées, on m’a demandé de signer un premier contrat, dans la précipitation, sans me laisser réellement la possibilité de le lire et encore moins celle de le relire puisque les deux exemplaires m’ont été repris pour partir à la signature par le Directeur, alors que le lieu de la signature et la date qui y figure ne correspondent pas à la réalité. Ensuite j’ai découvert peu à peu, car mes interventions étaient clairsemées, un certain nombre d’autres aspects du contrat non abordés lors de l’entretien : demande d’un travail important pas rémunéré non plus –outre la préparation des cours, préparation d’une progression pédagogique par matière, préparation et de correction de plusieurs examens blancs par ‘action’, renseignement obligatoire de documents détaillés d’appréciations pour chaque stagiaire avant chaque réunion, rédaction de documents gardant la trace séquence après séquence des contenus de formation abordés, des fiches d’heures réalisées, d’un relevé des pages de manuels photocopiées etc .

Intéressée néanmoins pour tenter d’améliorer ma retraite par l’offre d’autres heures beaucoup plus nombreuses dans le cadre d’une seconde action prévue initialement de début décembre, puis du 10, jusqu’à fin juin, comme la première fois, j’ai commencé le travail le 14 décembre sans avoir vu ni signé de contrat, on me l’a présenté en cours de séance de formation, j’ai effectué ma journée, et avant de signer, j’ai pris cette fois le temps d’en examiner en détail les termes, de demander conseil à mon syndicat, puis par téléphone au C.I.R.A. faute de réussir à vous joindre, sur ce qui m’apparaissait comme des anomalies ; Mme Vézinet m’ayant toujours répondu qu’elle ne pouvait pas rémunérer autre chose que le face à face pédagogique, j’ai également demandé par courriel le 17 Décembre un entretien à Mr. Serrano, Directeur de la CCI, pour tenter d’obtenir explications et modifications avant de signer ce 2è contrat pour le même travail de formatrice auprès de personnes préparant cette fois un BEP de secrétariat.

En réponse, il m’a téléphoné le jour-même, j’ai pu lui dire que tout dans ces contrats -clause de mobilité, caractère prévisionnel des calendriers de formation, inclusion de tout travail dans les heures de face à face pédagogique seules à être rémunérées- me paraissait destiné à protéger l’employeur de tout aléa sans contrepartie pour le salarié, que par exemple le report antérieur effectif du démarrage de l’action du 3 au 10 décembre sauf erreur de ma part m’avait privée d’un autre travail, des cours particuliers que je n’avais pas pu accepter me sentant tenue par un engagement moral avec le CFC ; l’entretien s’est déroulé de façon courtoise pendant 40 à 45 minutes, voire davantage, au terme desquelles il a souhaité que je lui fasse une proposition, j’ai dit que j’allais prendre conseil et lui en adresser une.

Finalement j’ai réussi à joindre votre service le 18 décembre, la personne m’a donné raison d’être circonspecte, conseillé de demander une modification de ce contrat , disant qu’il y avait trop de flou sur le lieu, les dates, le nombre d’heures de travail nécessaire au bon fonctionnement des cours, précisant :- que je devais demander au Directeur de faire un avenant en supprimant les clauses floues à mon premier contrat, qu’il le signe, et qu’il refasse le second (puisqu’il n’était pas encore signé) ; - que, s’il ne pouvait me payer plus, c’était une bonne idée de négocier la possibilité de ne faire que les heures de face à face et le minimum de préparations et corrections sans participation à aucune réunion ni rédaction de rien de plus, ni les grilles d’évaluation, ni les progressions pédagogiques, que je demande les dossiers établis antérieurement par le/la collègue prédécesseur pour réduire mon temps de préparation
Ce que j’ai fait par un courriel du 21 décembre 2009 resté sans réponse.

Elle me disait aussi que si la déclaration d’embauche me concernant n’avait pas été faite 48h avant que je ne commence, ils étaient passibles de poursuites pour travail dissimulé...et m’a annoncé l’envoi de documents par rapport à la notion de rémunération forfaitaire qui ne lui paraissait pas applicable dans la situation- documents que j’ai bien reçus.
Le 4 janvier reprenaient les cours pour les BEP, j’en avais 7h de prévus.
Les ayant préparés, je photocopiais mes dossiers au centre de formation, quand, sommée par la responsable de signer mon contrat sinon je ne monterais pas en classe, j’ai refusé disant que j’étais en négociation avec le Directeur, attendant sa réponse à mon message du 21/12 suite aux irrégularités constatées.
Elle m’a dit avoir une autre version, l’a donc appelé, me l’a passé, il m’a affirmé ne pas avoir eu mon message, sa secrétaire étant en congés, puis en a pris rapidement connaissance tout en me parlant, et a repris sa conversation avec la responsable de Châteaurenard, qui m’a rejointe un peu plus tard, m’apportant des classeurs pleins de cours antérieurement préparés par des collègues qu’elle me proposait d’emporter pour les travailler.
J’ai alors pensé que le Directeur acceptait de modifier mon contrat. Elle a précisé que si le lieu des cours était amené à changer il y aurait des possibilités d’arrangements, mais que mon contrat ne serait pas modifié...ajoutant que ce n’était pas possible de travailler avec des gens en qui on n’avait pas confiance.
Je me suis levée, disant que je me sentais blessée par cette parole de trop et par tout le reste.
Il me restait deux séances de formation à assurer pour les CAP de 3h30 chacune, une l’après-midi du lundi 18 et l’autre l’après-midi du lundi 25 Janvier dernier.
Ce jour-là, juste avant que je ne commence, il m’a été demandé, « pour pouvoir être payée des heures faites pour les BEP », de signer un nouveau contrat en deux exemplaires – et je les ai signés, à contrecoeur, mais signés, pour être payée, sans discuter ni prendre le temps d’en faire une photocopie pour garder mon énergie pour le travail avec les stagiaires qui s’annonçait délicat, à la veille du CAP auquel certains n’étaient pas prêts, n’ayant pas fait les dossiers demandés qu’ils allaient avoir à présenter et soutenir le lendemain.
De fait, au lieu de partir comme prévu à17h, je suis restée jusqu’à 18h30 pour en aider un, Mme Stéphanie Couillaud, secrétaire, peut en attester, ayant dû rester aussi.
Ces contrats devant partir à la signature de la direction, comme d’habitude, je n’en ai pas encore d’exemplaire et ne sais ni combien d’heures j’ai signé – ni si j’en aurais un ; je me souviens qu’ils étaient comme d’habitude établis à Arles, alors que je ne suis jamais allée à la CCI, qu’ils étaient datés de décembre, peut-être du 9 comme celui que je n’avais pas voulu signer, alors que c’était le 25 janvier.

Et voilà qu’aujourd’hui 1er février, je n’ai pas la rémunération de ces 7 heures faites le 14 décembre quand dans les contrats la CCI s’engage à ce que les heures faites soient payées avant le 31 du mois suivant.

C’est parce que je ne suis pas certaine de la recevoir, que je m’inquiète aussi de celle des 7 autres heures effectuées en janvier, et que je suppose que je ne suis pas la seule à subir ce genre de traitement de la part de l’organisme qui par ailleurs jouit d’une stature sociale importante que je me suis permis de vous saisir du problème.

Dans l’attente de votre réponse, et vous en remerciant vivement par avance, je vous prie de recevoir, Monsieur, l’assurance de mes sentiments respectueux.
C.H.

P.J : 2 contrats de travail, mon courriel du 21 Décembre à M. Serrano, l’attestation des heures de Décembre, le bulletin de salaire reçu le 1/2/2010, mon courrier en réponse.

PS : Depuis, j’ai reçu le règlement de ces heures.


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