Comment l’UIMM achetait les faveurs des sénateurs

dimanche 6 avril 2008
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L’UIMM aurait acheté les faveurs de sénateurs en 2004, selon un témoignage


Un ex-collaborateur de Jacques Pelletier, ancien ministre et sénateur récemment décédé, affirme que des amendements de l’UIMM (patronat métallurgie) ont été présentés au Sénat en 2004 en échange de contreparties financières, dans un entretien à Marianne à paraître samedi.

Un sénateur signataire des amendements interrogé par l’AFP, Pierre Laffitte, aujourd’hui président du groupe RDSE, a dénoncé "un libelle diffamatoire", menaçant d’"attaquer Marianne" en justice.

Les textes en question, signés par plusieurs sénateurs du RDSE (Rassemblement démocratique social européen - radicaux de gauche et de droite) proposaient une nouvelle "définition du licenciement économique". Ils ont finalement été retirés, précise l’hebomadaire.

Selon Roman Tanguy, ancien conseiller et attaché parlementaire de M. Pelletier, ces amendements prérédigés par l’Union des industries et métiers de la métallurgie auraient en réalité été signés par le secrétaire général du groupe, Pascal-Raphaël Ambrogi, qui disposait des délégations de signatures de plusieurs sénateurs.

Les parlementaires signataires, dont M. Pelletier, n’ont selon lui jamais vu les amendements dont ils étaient censés être les auteurs.

"Je n’ai jamais vu ces amendements. Une grosse connerie a été faite", lui aurait confié à l’époque Jacques Pelletier, selon son témoignage.

Interrogé par Marianne sur le versement par l’UIMM de contreparties financières en argent liquide, M. Tanguy est affirmatif : "oui, je n’ai aucun doute. Ces amendements se monnayaient. A l’époque tout le monde au RDSE savait et disait qu’il y avait du cash qui circulait derrière ces histoires d’amendements. C’était une évidence que tout le monde feignait officiellement d’ignorer".

Pierre Laffitte, le président du groupe RDSE, a rétorqué en dénonçant "un libelle diffamatoire" de M. Tanguy "qui cherche à se venger d’avoir été mis à la porte par M. Pelletier".

"Comme si les sénateurs avaient l’habitude de défendre des amendements qu’ils n’avaient pas lus ! (...) Quant aux questions financières, (le groupe) est très clairement suivi par des experts comptables agréés, ce qui n’est pas le cas de tous les groupes politiques", ajoute-t-il en menaçant d’"attaquer Marianne" en justice.

"Les méthodes de Marianne me paraissent très particulières et si l’hebdomadaire donnait suite à publication, la justice serait saisie", prévient-il.


Lire dans la presse :

Libération - L’UIMM a-t-elle soudoyé certains sénateurs ?

Nouvel obs - L’UIMM aurait acheté les faveurs de sénateurs



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