dimanche 25 septembre 2022
par  collectif.anim

Salaires : mobilisons nous ! En grève le 29 septembre

Manifestation Avignon 10H30 Cours Jean Jaurès


Les maigres annonces arrachées au gouvernement (augmentation du point d’indice de 3,5%) pendant l’été sont insuffisantes au regard de l’inflation (7 à 8% en fin d’année 2022) et au regard des superprofits réalisés par les entreprises du CAC 40 ( 174 milliards d’euros de bénéfices en 2021). Ce sont les agent·es publics et les salarié·es qui subissent les effets de l’inflation, de la mise à sac des services publics et des effets du dérèglement climatique pendant que les grands patrons s’enrichissent et de détruisent la planète. SUD éducation appelle avec les autres syndicats SUD-Solidaires de l’Union syndicales Solidaires à une grève interprofessionnelle le 29 septembre 2022 pour faire entendre nos revendications salariales.

L’inflation n’en finit plus de s’envoler. Elle a dépassé cet été les 6%, et pourrait atteindre les 7 à 8% d’ici la fin de l’année. Cela n’empêche pas les capitalistes de tirer profit des crises multiples en cours, bien au contraire ! Dans le même temps, ce sont toujours les mêmes qui paient l’addition : les classes populaires, les précaires, les travailleurs et travailleuses du privé comme de la Fonction publique. Il est temps de renverser la vapeur, et de construire un mouvement social à même de nous permettre d’obtenir de vraies augmentations de salaires ! En effet, les mesures prises par le gouvernement et les annonces faites par le ministre Ndiaye sont loin d’être satisfaisantes, et doivent nous conduire à nous mobiliser pour obtenir davantage.

L’augmentation du point d’indice est très insuffisante

Le gouvernement a décidé cet été d’augmenter le point d’indice de 3,5%. C’est très insuffisant pour ne serait-ce que rattraper les conséquences du gel du point d’indice depuis 2010. Combien cette augmentation du point d’indice représente-t-elle sur ma fiche de paie ?

Pour un·e enseignant·e avec 5 ans d’ancienneté : + 57 euros nets / avec 15 ans d’ancienneté : + 67 euros nets / avec 28 ans d’ancienneté : + 82 euros nets
Pour un·e AESH : avec 2 ans d’ancienneté : + 49 euros nets / avec 7 ans d’ancienneté : + 54 euros nets
Pour un·e Adjaenes : avec 8 ans d’ancienneté : + 47 euros nets / avec 20 ans d’ancienneté : + 50 euros nets.

Les annonces pour les enseignant·es : un nouveau feu de paille ?

Le ministre a annoncé fin juin une revalorisation des débuts de carrières enseignantes, en s’engageant à ce qu’aucun·e enseignant·e ne commence sa carrière en dessous de 2000 euros, et ce dès 2023. Ces annonces posent plusieurs problèmes :

  • cette annonce avait déjà été faite à l’occasion du précédent quinquennat, et n’avait pas été tenue, on peut donc douter de sa réalisation effective
  • elle est injuste pour les enseignant·es ayant déjà suffisamment d’ancienneté pour ne pas être concernés, mais dont la fiche de paie reste largement insuffisante pour faire face au coût de la vie
  • elle est couplée à une mesure de revalorisation conditionnée à de nouvelles tâches, ce qui est inacceptable
  • il n’y a aucune précision sur la nature de la revalorisation, et pourrait se traduire par une nouvelle prime, ce qui n’est pas comptabilisé dans les cotisations sociales et ne constitue donc pas du salaire

La “loi pouvoir d’achat”, des mesurettes d’un gouvernement au service des capitalistes

La “loi pouvoir d’achat” votée le 3 août comporte une série de mesures destinées avant tout à assurer la communication du gouvernement sans toucher aux intérêts des capitalistes. Une preuve en est que le gouvernement soutenu par l’extrême droite a bloqué à l’Assemblée nationale toutes les mesures de justice sociale et environnementale : la mise à contribution des plus riches par le rétablissement de l’ISF, la taxation des superprofits et des plus gros pollueurs ou la hausse du SMIC.

Parmi le fourre-tout des dispositions adoptées, on trouve :

  • des mesures insuffisantes, à l’image de l’augmentation de 4% des minima sociaux et des retraites, soit bien moins que l’inflation, ou le plafonnement de l’augmentation des loyers à 3,5%
  • des mesures antisociales, comme une nouvelle exonération des cotisations patronales sur les heures supplémentaires, ramenées à 50 centimes de l’heure
  • des mesures insignifiantes, comme la facilitation de la résiliation des abonnements en ligne


Lutter pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes

L’égalité salariale et la lutte contre la précarité sont des enjeux essentiels de l’émancipation des femmes. Pourtant, les politiques d’emploi dans le secteur public comme dans le privé reproduisent, voire aggravent les inégalités et la précarité.

Pour SUD éducation, la mobilisation pour des augmentations de salaire est une lutte féministe. En effet, les inégalités salariales entre les femmes et les hommes sont très fortes, et ce sont donc les femmes qui font le plus les frais de l’inflation actuelle. Ainsi, dans la Fonction publique, les femmes gagnent en moyenne 16,4% de moins que les hommes. Le salaire net des enseignantes est inférieur de 13,9% à celui de leurs collègues masculins. Il existe plusieurs raisons à cela. Les HSA profitent essentiellement aux hommes, qui perçoivent 51% de rémunération liée aux HSA de plus que les femmes. De plus, les femmes sont plus souvent contraintes de prendre en charge la garde des enfants et sont bien plus souvent à temps partiel. C’est inacceptable. Enfin, les emplois précaires sont très majoritairement occupés par des femmes : 92% des AESH sont des femmes, par exemple. Le front de la lutte pour l’égalité salariale entre femmes et hommes doit être prioritaire dans nos revendications.

Portons nos revendications pour de vraies augmentations de salaires !

L’accumulation de mesurettes est très loin d’être à la hauteur de la situation. Pour SUD éducation, il faut poursuivre immédiatement l’augmentation du point d’indice jusqu’au rattrapage de la perte de rémunération depuis le gel du point d’indice en 2010. Cette augmentation est incontournable, mais elle doit s’intégrer à une politique plus globale d’augmentation de salaire qui permette de lutter contre les inégalités : en effet, un biais de l’augmentation du point d’indice, qui est un coefficient multiplicateur, est qu’il accentue les écarts de rémunération.

SUD éducation revendique ainsi en parallèle :

  • une augmentation immédiate de 400 euros des salaires et un SMIC à 2200 euros bruts.
  • une refonte des grilles indiciaires des agent es, pour garantir que plus les salaires sont faibles, plus ils seront augmentés
  • la garantie que les précaires bénéficient de la même grille pour leurs salaires, tenant compte de toute leur ancienneté professionnelle

Il est indispensable de contribuer à la construction d’une mobilisation d’ampleur, à même d’obtenir satisfaction.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons !


Déclaration d’intention de grève :

PDF - 66.1 ko

Articles les plus récents

vendredi 23 septembre 2022
par  collectif.anim

LYCEE PROFESSIONNEL : EN GREVE LE 18 OCTOBRE POUR LE RETRAIT DU PROJET MACRON

Le président Macron persiste à vouloir imposer aux personnels sa réforme des lycées professionnels calquée sur le modèle de l’apprentissage. C’est un exemple révélateur que la méthode ne change pas : aucun bilan de la réforme précédente, aucune concertation en amont de cette annonce brutale et une feuille (...)

jeudi 22 septembre 2022
par  collectif.anim

C’est la rentrée, on se syndique !

Parce qu’il nous faut un syndicat utile et combatif !
Vous pouvez adhérer "en version papier", à nous renvoyer par mail à syndicat sudeducation84.org ou par courrier à SUD Éducation 84 - 4 rue des frères Brian - SDACAP résidence la cardinale - 84000 Avignon
Vous pouvez aussi adhérer en ligne en (...)

mercredi 21 septembre 2022
par  collectif.anim

PREMIER DEGRÉ : UNE RENTRÉE QUI NE TIENT QU’À UN FIL

La rentrée ne tient qu’à un fil. C’est l’impression qui domine dans les écoles deux semaines après la reprise. Comme on pouvait s’y attendre en découvrant les résultats du concours de professeur·es des écoles, l’effondrement du recrutement a déclenché une bombe à retardement que le ministère essaie tant (...)

mardi 20 septembre 2022
par  collectif.anim

MARCHONS POUR LE CLIMAT ET LA JUSTICE SOCIALE

SUD éducation appelle avec son Union syndicale Solidaires et plusieurs centaines d’associations à construire des mobilisations d’ampleur pour la justice climatique et sociale : les 23, 24 et 25 septembre (selon les villes), marchons avec la jeunesse à faire grève pour le climat.
La lutte contre le (...)

vendredi 26 août 2022
par  collectif.anim

Discours de Macron devant les recteurs et rectrices : vers une nouvelle offensive contre le service public d’éducation-Communiqué de SUD éducation

Le président Macron a tenu jeudi 25 août un discours devant les recteurs et les rectrices. Il s’agit là d’un fait inhabituel, qui confirme d’ailleurs une forme de mise sous tutelle d’un ministère plus marqué par la continuité avec le précédent qu’avec une quelconque forme de nouveauté. Macron a confirmé (...)

vendredi 29 juillet 2022
par  collectif.anim

Arrêt immédiat des évaluations d’école ! Communiqué SUD-SNUipp-CGT-FO-SNALC

À l’initiative du Conseil d’Évaluation de l’École, instance créée par la loi « pour une École de la confiance », une expérimentation d’évaluation des écoles a débuté au premier trimestre 2021, après celle instaurée dans le second degré. À compter de la rentrée 2022, le ministère prévoit la généralisation de ce (...)

dimanche 26 juin 2022
par  collectif.anim

Déclaration liminaire de SUD éducation au CSE du 20 juin 2022

Le Conseil Supérieur de l’Éducation du 20 juin s’est tenu pour la première fois en présence du nouveau Ministre Ndiaye. SUD éducation a porté la voix et les revendications des personnels.
Déclaration de SUD éducation
Mesdames et Messieurs les membres du CSE, Monsieur le Ministre,
La préparation de la (...)

jeudi 23 juin 2022
par  collectif.anim

Affectation : les voeux des AESH doivent être respectés !

La fin de l’année approche et les personnels AESH s’inquiètent de leur affectation à la rentrée prochaine. La poursuite du déploiement des PIAL et la mutualisation des moyens accroissent cette inquiétude des personnels.
SUD éducation dénonce l’hétérogénéité des conditions d’affectation selon les (...)

lundi 13 juin 2022
par  collectif.anim

L’école n’a pas besoin de “grands débats”, mais d’un plan d’urgence.

Le ministre de l’Éducation a récemment annoncé au micro d’une radio locale la tenue de “grands débats” à compter de la rentrée de septembre dans les écoles et les établissements.
Cette annonce consiste à recycler celle d’Emmanuel Macron lors du mouvement des Gilets jaunes. Après des années de dégradation du (...)

dimanche 12 juin 2022
par  collectif.anim

AES en grève le 16 juin : le ministère doit entendre les revendications en urgence !

Le jeudi 16 juin, dans plusieurs départements, les assistant·es d’éducation seront en grève à l’appel d’un collectif AED local et/ou d’une intersyndicale.
Le ministère doit entendre les revendications immédiates des assistant·es d’éducation :
la publication immédiate du décret permettant la (...)

samedi 11 juin 2022
par  collectif.anim

Classements, angoisses et inégalités : SUD éducation dénonce la machine néo-libérale Parcoursup

La plateforme Parcoursup a été mise en place à l’automne 2017 (à marche forcée, et avant même que la loi Orientation et Réussite des Étudiants ne soit votée en mars 2018). Depuis, chaque année, l’ouverture de la phase de propositions aux plus de 800 000 candidat·es va de pair avec de nombreuses critiques (...)

vendredi 10 juin 2022
par  collectif.anim

Déclaration de SUD éducation au CSE du 9 juin 2022

Ce Conseil Supérieur de l’Éducation s’inscrit encore dans le terme du mandat de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’Éducation nationale. Ces cinq années que Jean-Michel Blanquer a passées, non pas aux côtés, mais contre les personnels, ont été le théâtre d’une entreprise de dégradation sans précédent (...)